Elle est opticienne, il est issu du monde du théâtre et de l'informatique. Ensemble, ils jettent un regard nouveau sur le métier d'opticien-lunetier. Partis d'un magasin généraliste, leur point de vente est aujourd'hui un lieu privilégié consacré au bien-être où le conseil en visagisme et le sur-mesure sont les maitres-mots. Rencontre avec Mathilde Bétrancourt et Grégoire Cazarré…

Acuité : Quand avez-vous ouvert votre magasin ? 

Grégoire Cazarré : En rencontrant ma femme, j'ai découvert le secteur de l'optique. Avec un œil nouveau sur la profession, nous avons souhaité nous installer en 2008. Nous avons racheté une boutique en perdition à Rueil-Malmaison, avec un ophtalmologiste installé à côté. Au départ, notre positionnement était généraliste mais très vite nous avons décidé de changer de voie, afin de se différencier de la concurrence massive.

A. : Quel est votre concept aujourd'hui ?

Mathilde Bétrancourt : De Clair et Net Opticiens, nous sommes devenus Lunetterie de l'Impératrice, un nom qui évoque davantage le travail artisanal. Nous allons à rebours de ce qui est proposé ailleurs, loin de la consommation de masse et du faux luxe. En magasin, aucun linéaire, ni PLV ! Les montures sont planquées. Notre démarche est avant tout humaine et nous privilégions le contact avec notre clientèle.

home_zoom_1.jpg

                 En magasin, aucun liniéraire, ni PLV !

A. : Quel est le parcours client ?

M.B. : Après une analyse morphologique, les porteurs bénéficient de nos conseils en visagisme. A partir de leur physionomie et de leurs besoins, nous proposons une sélection de 20 montures créateurs. Notre créneau : des formes rares, de la couleur et des matériaux de qualité fabriqués en France et en Europe exclusivement.

home_zoom_3.jpg

Après la selection d'une vingtaine de montures, selon le visage et les besoins du porteur, l'essayage commence. 

A: Comment réagissent les porteurs à votre façon de travailler ?

G.C. : Dès leur entrée, nous leur expliquons les différentes étapes à venir. Chez nous, les clients aiment être choyés. On œuvre pour qu'ils retrouvent le sens de la beauté. Aujourd'hui, beaucoup ont de plus jolies chaussures que leurs lunettes. Comme nous avons l'habitude de dire : "Les lunettes chaussent votre visage, pas vos pieds !" Quand nos clients reviennent pour un renouvellement, nous leur demandons s'ils souhaitent garder leur monture. Trois fois sur 10, c'est le cas. Nous sommes donc plutôt satisfaits de notre travail.

A. : Comment sélectionnez-vous vos collections ? 

G.C. : Avec Mathilde, nous sommes jury et grand jury aux Silmo d'Or, ce qui nous permet de découvrir toujours de nouveaux produits. Mais pour élargir notre offre, j'ai fait l'école des Meilleurs Ouvriers de France (MOF), il y a 2 ans. Aujourd'hui, nous sommes en capacité de faire du sur-mesure. Je travaille la corne et l'acétate. J'ai même installé mon atelier en vitrine du magasin afin de mettre au grand jour notre savoir-faire. Les passants me voient travailler, ça les intrigue.

1614608_256909107808961_2101254583_o.jpg

L'atelier est installé en vitrine pour attirer l'oeil des passants.

A. : Comment communiquez-vous pour faire connaître vos spécificités  ? 

G.C. : Avec mes connaissances en informatique, j'ai pu développer notre image sur le web. Nous avons une stratégie webmarketing clairement définie. Nous sommes présents sur les réseaux sociaux et nous demandons à tous nos clients de laisser des avis sur Internet. Avec 140 avis entre pagesjaunes.fr, Google Maps et Facebook avec une note de 5 étoiles, c'est pas mal ! Cela nous a permis de compenser la perte de clientèle quand nous avons décidé de ne plus pratiquer le tiers payant mutuelle. A l'heure actuelle, 25% de notre flux vient de Google.

15578194_694008704098997_1193011707524501875_o.jpg

Mathilde et Grégoire organisent aussi régulièrement des soirées en magasin, proposant des activités en lien avec le bien-être et la beauté comme  des massages Shiatsu ou ateliers maquillage.

A. : Quels sont vos résultats ? 

M.B. : Notre chiffre d'affaires a crû pendant des années même l'arrêt du tiers payant mutuelles, il y a plus de 2 ans. Toutefois, 2016 a été plus compliquée. Il n'est pas toujours facile de faire face à la concurrence, parfois déloyale. Mais notre expertise technique est valorisée et reconnue par les ophtalmologistes Rueillois. Internet est enfin la solution pour faire rayonner notre marque.