Alors que la profession prend résolument le virage de la santé visuelle, la communication entre les trois métiers qui compose notre filière est plus que primordiale. Dans l’intérêt des patients, ophtalmologistes, opticiens et orthoptistes échangent et communiquent sur les évolutions du secteur avec pour objectif de travailler en parfaite complémentarité. Autour de moments de convivialité et sportifs, Vision & Prospective propose une nouvelle édition de ses Journées d’Etude du 13 au 18 mars 2016. Autour du thème « Les Nouveaux Axes de l’Astigmatisme », elles seront constituées d’un programme riche en conférences de qualité. Regards croisés avec Elisabeth Roullier, opticienne indépendante à Limoges (87), et le Dr. Jean-Christophe Gavrilov, ophtalmologiste à Paris (75).

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Acuité : Dans quel contexte participez-vous aux Journées d’Etude de Vision & Prospective ?

Elisabeth Roullier : J’interviens depuis plusieurs années au travers de conférences liant la vision à la culture. Je propose ainsi une parenthèse culturelle et donc un moment de détente, toujours en lien avec le thème du séminaire. Par exemple, j’ai déjà traité de la profondeur de champ dans la peinture, ou bien du regard de l’enfant dans les œuvres, des nouvelles technologies au service de la vue et de l’art.

Jean-Christophe Gavrilov : Cela fait plusieurs années que je participe. Je fais régulièrement des interventions sur la chirurgie réfractive. J’aborde des domaines pointus et techniques mais aussi plus généralistes, comme la qualité de vision en rapport avec la qualité de vie.

A. : Qu’est-ce qui vous attire dans cet évènement ?

E.R. : Le besoin d’apprendre, de réfléchir et d’avancer afin de m’améliorer avec le temps. Avec l’évolution des techniques et des métiers, il est nécessaire de remettre nos pratiques au cœur du débat. L’objectif étant toujours de se recentrer sur nos clients et notre professionnalisme. Personnellement, cela me permet de satisfaire une certaine volonté d’excellence.

J-C. G. : L’aspect de rencontre entre les trois domaines liés à l’œil m’attire plus particulièrement. Dans la pratique courante, ces trois professions se jouxtent mais ne communiquent pas entre elles. On travaille ensemble en triangle, mais dans les rayons scientifiques on se rencontre très peu. Nos différents horizons nous permettent de mettre en parallèle des sujets pratiques que nous vivons au quotidien, voir la capacité que nous avons les uns et les autres à résoudre un problème.

A. : Cette communication entre les « 3 O » vous paraît-elle essentielle ?

J-C. G. : Elle est primordiale car au centre de tout cela est un patient. Nous avons tous un regard différent sur ce patient du fait de notre métier. Par exemple, l’opticien peut accéder de façon plus pointue à des sujets ophtalmologiques sur lesquelles il n’a peut-être pas d’informations dans son quotidien. Il peut ainsi connaître les modalités de prise en charge et les solutions que peuvent apporter les ophtalmologistes. Il va pouvoir trouver dans ce genre de réunion des réponses précises et de qualité, avec des conférences animées par des spécialistes. Et en mettant en commun tous les aspects de la prise en charge, on va pouvoir apporter au patient la solution la plus adéquate.

E.R. : Dans ce contexte de convivialité, l’approche pédagogique est simplifiée et les clivages sont gommés pour laisser place à la spontanéité des différents acteurs. Nous ne sommes pas là pour débattre de la place de chacun. Les appartenances sont dépassées par l’intérêt commun autour de la santé visuelle. Il y a au cœur de ces journées une volonté de partager ses connaissances ce qui permet de voir son métier sous un jour nouveau.

A. : En tant qu’opticienne, qu’est-ce que ça vous apporte ?

E.R. : Je reprendrai cinq mots : partager, apprendre, comprendre, réfléchir et avancer. Tout cela représente un enrichissement personnel qui redonne du sens à nos métiers.

A. : En tant qu’ophtalmologiste, qu’est-ce que ça vous apporte ?

J-C. G. : J’y vois tout l’aspect optique et le travail fait par les opticiens, les orthoptistes et les fournisseurs. Tout cela m’était complétement étranger avant. Il nous manque des informations au cours de nos études de médecine. Ce sont des aspects de la filière que nous connaissons peu. Tout cela va dans le sens de la coopération entre les professionnels de santé de la filière.