Arrivant juste après la cataracte dans les principales causes de cécité, le glaucome demeure une maladie difficile à diagnostiquer, souvent détectée trop tard. En 2012, nous vous parlions déjà de la société Tissot Medical Research (TMR) qui développait à l'époque un système de dépistage fondé sur une lentille capable de mesurer la pression intraoculaire durant 24 heures en continue. Depuis, les chercheurs de l'Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) en partenariat avec la société TMR ont encore amélioré le dispositif. 

Ces lentilles composées de silicone et de capteurs fonctionnent en mesurant les variations de pression à chaque clignement des yeux. Ces informations sont ensuite transmises à des lunettes portées par le patient et dotées de petites antennes captant régulièrement les données récoltées par la lentille. Luc Tissot, fondateur de TMR, précise ainsi que « lorsque la paupière se ferme, la bosse sur la lentille exerce une pression sur la cornée, provoquant le rapprochement des électrodes ». 

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C'est ensuite, en évaluant la résistance de l'oeil à cette pression que les lentilles fournissent une indication sur la pression intraoculaire du patient. Mais à la différence des tests pratiqués par les ophtalmologistes qui sont ponctuels, aléatoires et donc peu fiables, la mesure peut être réalisée plusieurs fois sur une période longue : « après 24 heures, les ophtalmologues branchent leur clé USB et analysent les résultats sur ordinateur », explique Pierre-André Farine, directeur du ESPLAB. 

Les lentilles de contact ont encore de beaux jours devant elles, car hormis le glaucome, certains ont déjà réfléchi à d'autres possibilités, comme mesurer la glycémie pour aider les diabétiques (lire nos News sur une lentille de contact futuriste mesurant la glycémie et sur les lentilles intelligentes de Novartis et Google), ou apporter des informations dans le cas des lentilles à réalité augmentée comme celles de Babak Parviz, chercheur à l'Université de Washington (Seattle).