Après un développement rapide sur les 10 dernières années, notre secteur affiche désormais des performances moins fortes. C’est un des résultats de l'Institut national de la statistique et des études économiques, publié dans son numéro de novembre d’Insee Première. Si globalement, le document ne nous apprend pas grand-chose de nouveau sur les chiffres du marché de l’optique de détail, il retrace son évolution depuis 2003. Acuite.fr vous propose un résumé des principaux enseignements à retenir. 

Des emplois plus qualifiés que chez les autres détaillants

Début 2013, 36 200 salariés travaillaient dans un magasin d’optique contre 25 200 dix ans plus tôt. Cette croissance est beaucoup plus soutenue que dans l’ensemble du commerce de détail : +3,7% par an contre respectivement +1,6%. Globalement, l’organisme note que les salariés de notre secteur appartiennent plus souvent à des catégories socioprofessionnelles plus élevées : plus d’un tiers exerce des professions intermédiaires, contre 13% dans l’ensemble du commerce de détail. En outre, l’optique compte une très faible part d’employés peu qualifiés, alors qu’ils représentent plus de 50% des collaborateurs dans le reste des entreprises de détail. « Ces qualifications plus élevées se traduisent par des salaires plus importants », précise le document.

« Ces spécificités sont le reflet des diplômes requis pour la vente de lunettes correctrices, souligne l’Insee. D’une part, un point de vente doit obligatoirement comprendre un opticien, classé dans les professions intermédiaires. D’autre part, les employés sont titulaires d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) de monteur-vendeur en optique ou équivalent ». Par ailleurs, les salariés occupent plus souvent un poste en contrat à durée indéterminée (88%) que dans l’ensemble du commerce de détail (83%) et les temps complets sont plus fréquents (83% contre 67%).

Le salaire net moyen en équivalent temps plein atteint ainsi en moyenne 24 000 euros par an dans l’optique. Il est supérieur à celui du commerce non alimentaire (+13%) et du commerce de détail (+18%). Pour les professions intermédiaires, le salaire moyen, de 25 200 euros, est plus élevé que dans le commerce de détail (+10%). Pour les employés, le salaire moyen, de 21 000 euros, est supérieur de 20%.

image001.jpg

Un secteur qui reste bien établi

Aussi, le nombre de magasins d’optique augmente encore plus vivement que l’emploi salarié : de 8 300 à 12 700 au cours de la décennie (2003-2013), soit une croissance moyenne de 4,3% par an avec un chiffre d’affaires atteignant 5,8 milliards d’euros en 2013. L’Insee explique alors qu'il a augmenté plus rapidement que la population sur la même période. Il passe de 1,3 à 1,9 point de vente pour 10 000 habitants en 10 ans.

« Après avoir progressé plus lentement entre 2011 et 2013 que sur la décennie précédente, précise l’organisme d’étude, le fléchissement de l’activité se répercute sur le taux médian de profitabilité, en baisse en 2013 à 5% ». Une tendance commune à l’ensemble du commerce de détail alors que son niveau dans l’optique reste l’un des plus élevés. Enfin, les créations de points de vente, même si elles fléchissent, restent fortes avec 750 unités en 2014.

image002.png

Les prix en optique progressent moins vite que l’inflation

Comme Acuite.fr le relève fréquemment, depuis 2005, les prix à la consommation de l’optique médicale augmentent plus lentement que l’ensemble des prix à la consommation. Ainsi, en 2014, les prix de l’optique médicale sont seulement supérieurs de 6% à leur niveau de 2005, contre 14% pour l’ensemble des prix à la consommation. Cependant, l’Insee souligne que « le taux de marge commerciale (ou marge brute = (marge brute / achats consommés HT) * 100 ; ndlr) de nos entreprises reste l’un des plus élevés avec un taux médian de 62% contre 37% pour l’ensemble commerce de détail.

image003.jpg