Au Silmo 2015 sur le stand Alain Afflelou, acuite.fr a interviewé Vincent Daien, ophtalmologiste-pédiatre au CHRU de Montpellier et épidémiologiste à l'Inserm 1061, sur "l’épidémie de la myopie qui est un réel enjeu de santé visuelle". 

Les résultats d'une étude australienne parue dans la revue Ophtalmology . 

Dans 30 ans, 5 milliards de personnes seraient myopes, soit la moitié de la planète. Soit une multiplication par sept de la myopie entre 2000 et 2050. 

Les chercheurs de l’université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie) et de l’Institut de recherche de la vision de Singapour ont analysé les données de 145 études sur la myopie. Objectif : estimer son évolution jusqu'en 2050.

Selon leurs modélisations, 4,76 milliards de personnes seraient myopes soit 49,8% de la population mondiale et 938 millions auraient une forte myopie (près de 10% de la population).

Le temps passé à l'extérieur diminue 

Pour le Pr Kovin Naidoo, directeur de l’Institut de la vision Brien Holden de l’université des Nouvelles-Galles du Sud, "nous passons de moins en moins de temps à l'extérieur et de nombreuses heures au travail sur des écrans que nous regardons de trop près". 

Il rappelle également que "la myopie est deux fois plus élevée chez les Asiatiques que chez les Européens du même âge ". La raison ? une réduction du temps passé à l'extérieur et l'augmentation du nombre d'activité à l'intérieur. Dans certains pays comme Singapour, la Corée, Taiwan ou la Chine, "les jeunes sont soumis à une forte pression scolaire et passent beaucoup de temps sur les écrans", souligne le Pr Kovin Naidoo.

Prendre conscience des risques 

Les chercheurs espèrent éviter "une crise mondiale de santé publique" grâce aux "efforts conjoints des gouvernements, des responsables éducatifs et des systèmes de santé de chaque pays". Une analyse partagée par Vincent Daien qui craint " en 2050 un fort pourcentage de myopes " à équiper en lunettes et lentilles, mais aussi davantage de complications comme le décollement de la rétine, le glaucome et la cataracte précoce. "Ce sont des choses qu’il faut anticiper pour les prévenir et mettre des moyens pour agir en amont", nous avait-il confié au Silmo 2015.