Y-a-t-il une exception française en matière de croissance ? En publiant, vendredi, un taux de 0,1% en France, l'Insee a ouvert le débat. Le PIB allemand a en effet cédé 0,5% par rapport au deuxième trimestre, comme celui de l'Italie, et celui de l'Espagne a baissé de 0,2%. Au total, la zone euro affiche un recul de 0,2%, tandis que le PIB du Royaume-Uni, après un deuxième trimestre étale, s'inscrit lui aussi en retrait de 0,5%.
 
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, voit dans la singularité française le premier témoignage concret des réformes structurelles engagées par Nicolas Sarkozy. "Puisque nous sommes tous soumis au même choc, la différence ne peut être qu'un facteur spécifique : notre politique structurelle", argumente Bercy. Et de citer la loi Tepa (travail, emploi et pouvoir d'achat), dont l'impact des mesures en faveur des salariés et des consommateurs (exonération sociale et fiscale des heures supplémentaires, allégements fiscaux sur les successions et les intérêts d'emprunt immobilier...) était évalué, par Bercy, à 0,3 point de PIB cette année. Le ministère cite aussi les effets de la loi Chatel pour le développement de la concurrence, votée en janvier et créditée d'une part du reflux de l'inflation enregistré depuis cet été.
 
Quasi mécanique
 
Dans la comparaison des performances de croissance entre la France et les pays de la zone euro, les économistes voient plutôt l'effet de la structure de l'économie. Outre un recul quasi mécanique consécutif à la très forte croissance allemande au premier trimestre (+1,4%), Pierre-Olivier Beffy, économiste à Exane, juge que "la récession allemande confirme que le pays, plus tourné vers la demande étrangère, est une économie plus cyclique". Sa politique de compétitivité sur les coûts pèse aussi, en phase de freinage, sur la consommation, via les salaires. La France, moins exportatrice, résiste donc mieux en phase de ralentissement. "Certaines réformes auront peut-être des effets, comme la loi de modernisation de l'économie, mais elle a été votée cet été et c'est encore trop tôt pour le voir", observe Karine Berger, d'Euler Hermes SFAC.
 
 
Source : Les Echos

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