La plus grave crise économique depuis 1929 ? Cette fois, nous y sommes. La Commission européenne a annoncé hier que le produit intérieur brut (PIB) de l'Union européenne allait reculer cette année de 1,8% (et même 1,9% dans la seule zone euro). Soit, en période de paix, la récession la plus grave depuis les années 1930-1932, ou les années 1940, si l'on retient la période hors normes de la Seconde Guerre mondiale.
 
Un chômage à 10%
 
Alors qu'elle prévoyait encore une croissance (0,1%) à l'automne, la Commission affirme que cette contraction de l'activité résulte "des effets de la crise financière profonde sur l'économie réelle et du ralentissement de l'activité économique mondiale qui l'a accompagnée". Trois facteurs sont plus précisément à l'origine de cette récession inédite : le coup de frein donné à la demande mondiale, la réduction de l'activité des entreprises surprises par la chute brutale de leurs commandes et le durcissement des conditions de financement, ce dernier reposant majoritairement, en Europe, sur le système bancaire.
 
"Le PIB devrait reculer tout au long du premier semestre de cette année", poursuit la Commission, qui précise que "la chute de la demande privée et de la demande extérieure nette devrait freiner considérablement la croissance du PIB qui ne sera alimentée que par la consommation et l'investissement du secteur public". Conséquence immédiate de cette détérioration de l'activité : le taux de chômage va augmenter pour atteindre 9,3% dans la zone euro, contre 7,5% en 2008, tandis que les finances publiques vont connaître une dégradation sans précédent : le déficit public moyen de la zone euro passera de 1,7% du PIB l'an dernier à 4% au minimum cette année.
 
"Amortir le choc"
 
La Commission européenne se montre toutefois confiante dans un rebond de l'activité internationale, faible, mais réel, dès le second semestre 2009. Elle l'attribue à "une amélioration de la situation sur les marchés financiers et aux effets de l'assouplissement des politiques macroéconomiques, notamment aux Etats-Unis". Ce redémarrage entraînerait un sursaut en Europe, où la croissance retrouverait quelques couleurs, avec une hausse du PIB de 0,5% en 2010.
 
Si cette reprise paraît "très faible" et la Commission, pessimiste aux yeux des économistes de Goldman Sachs, elle ne surprend pas les experts de la Royal Bank of Scotland. "Nous ne croyons pas à un redémarrage rapide de l'activité. Le rebond devrait rester de faible ampleur durant plusieurs années", expliquait hier Kit Juckes, le responsable de la recherche de la banque. Pour lui, les politiques monétaires et budgétaires qui ont été engagées ces derniers mois aux Etats-Unis et en Europe suffiront seulement à "amortir le choc" de la crise financière, mais "elles ne créent pas, en elles-mêmes, les conditions d'un rebond".
 
 
Source : Les Echos

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