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D'après un rapport publié en juin 2026, le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM) estime que la progression des dépassements d'honoraires médicaux est devenue « un enjeu urgent » pour le système de santé français. L'instance avance trois scénarios de réforme visant à mieux encadrer ces pratiques, qui pourraient dépasser 10 milliards d'euros à l'horizon 2040 contre 4,7 milliards d'euros aujourd'hui.
Le secteur 2 poursuit sa progression
Le rapport souligne que les dépassements d'honoraires ont progressé en moyenne de 5,3 % par an en euros constants entre 2019 et 2025 pour les médecins spécialistes, hors médecine générale.
Dans le même temps, le recours au secteur 2 continue de se généraliser : 75 % des jeunes spécialistes libéraux s'y installaient en 2024, contre 58 % en 2010. À politique inchangée, près de 90 % des spécialistes libéraux pourraient exercer en secteur 2 d'ici 2040. Pour le HCAAM, cette évolution expose les patients à des restes à charge croissants, malgré l'intervention des complémentaires santé. Le rapport rappelle que celles-ci ne couvrent en moyenne qu'environ 40 % de la masse totale des dépassements d'honoraires.
Trois scénarios sur la table
- Le premier scénario envisage une régulation très forte pouvant aller jusqu'à la disparition progressive des dépassements d'honoraires.
- Le deuxième viserait à rendre l'accès au secteur 2 beaucoup plus sélectif, notamment en le réservant à certains profils de carrière ou après plusieurs années d'exercice.
- Le troisième scénario privilégie un encadrement plus strict des pratiques tarifaires tout en conservant largement le secteur 2. Dans ce dernier cas, le HCAAM propose notamment d'instaurer un droit au tarif opposable pour certains patients selon leurs ressources et de plafonner les dépassements après une période d'exercice définie.
L'ophtalmologie indirectement concernée
Le rapport ne comporte pas de chapitre spécifique consacré à l'ophtalmologie, mais la spécialité est directement concernée par les constats dressés. Les ophtalmologistes figurent parmi les spécialistes exerçant fréquemment en secteur 2, particulièrement dans les grandes agglomérations, où les dépassements d'honoraires sont souvent plus élevés.
Le HCAAM met également en garde contre les effets des dépassements sur l'accès aux soins spécialisés et sur les déséquilibres territoriaux. Selon lui, la possibilité de pratiquer des honoraires libres favorise la concentration des spécialistes dans les zones les plus aisées et peut contribuer à réduire l'offre à tarif opposable.
Autre élément intéressant pour la filière visuelle : le rapport estime que, sans réforme, la médecine spécialisée pourrait progressivement connaître une évolution comparable à celle observée dans l'optique. Le HCAAM évoque explicitement le risque d'une « désocialisation » du financement des soins spécialisés, avec une part de plus en plus faible prise en charge par l'Assurance maladie et un financement croissant reposant sur les complémentaires santé et les patients eux-mêmes.
Enfin, le document rappelle que les centres de santé constituent aujourd'hui un vecteur important d'offre à tarif opposable. Parmi les spécialités représentées dans ces structures figurent notamment les ophtalmologistes, aux côtés des cardiologues, dermatologues ou gynécologues. Aucune orientation n'est arrêtée à ce stade. Le HCAAM présente ces trois scénarios comme des pistes de réflexion destinées à alimenter le débat sur l'avenir du financement des soins spécialisés et la place des dépassements d'honoraires dans le système de santé français.
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Le soucis c'est qu'avec l'Etat l'inflation semble ne pas exister ou ne pas concerner le domaine médical. Pourtant c'est bien le cas. Si les dépassements d'honoraires augmentent c'est déjà lié à la pénurie de médecins volontairement organisée par l'Etat à la base. Comme quoi à vouloir faire des économies à court terme on obtient des conséquences encore pires à long terme. Donc déjà faut reformer suffisamment de médecins pour qu'ils ne soient plus rares et que les prix des spécialistes notamment redeviennent raisonnables.
Mais ensuite le problème c'est que les médecins font aussi face à l'inflation qui augmente logiquement les dépassements d'honoraires aussi. Si le coût de la vie augmente, normal que les médecins augmentent aussi le coût de leurs prestations. Et si l'Etat décide de ne pas comprendre ça alors la pénurie de médecins va s'accentuer car plus personne ne voudra faire ce métier si on ne peut plus en vivre.
La solution est simple, ré-équilibrer les dépenses publiques déjà (mais jamais un Etat libéral n'acceptera de revenir sur les cadeaux faits aux multinationales qui se comptent en milliards d'euros), et ensuite fixer un plafond de remboursement raisonnable. Et tout ce qui dépasse de ce plafond n'est pas remboursé et est pris en charge par le malade, tout simplement. Les gens choisiront donc d'aller en secteur 1 ou en secteur 2, auront un supplément surement s'ils vont en secteur 2 mais l'Etat ne se ruinera pas pour ça car le montant remboursé sera plafonné. Comme ça l'Etat maitrise ses dépenses et en même temps à la fois les médecins et les malades peuvent être libres de leurs choix et de leur santé.