À l’occasion du salon Silmo, le Syndicat des industriels et distributeurs en optique-lunetterie (Sidol) a dévoilé les résultats d’une enquête OpinionWay menée auprès de 2 034 personnes. 

Ce sondage dresse un panorama des attentes des consommateurs : un attachement massif aux commerces de proximité, une vigilance accrue sur le pouvoir d'achat et un regard pragmatique sur les innovations technologiques.

Présentée par Frédéric Michaud, directeur du pôle Opinion chez OpinionWay, et introduite par Jean-Michel Lambert, président du Sidol, l'étude confirme d'emblée la maturité du marché français. Avec 83 % de la population équipée d'une correction visuelle, la santé oculaire est une préoccupation partagée par la quasi-totalité des foyers.

Les lunettes de vue restent l'équipement hégémonique (79 % des Français, et jusqu'à 93 % chez les séniors), tandis que la contactologie concerne un Français sur dix, touchant en priorité les jeunes adultes et les catégories socioprofessionnelles supérieures. Les équipements solaires occupent également une place majeure, adoptés par 55 % de la population, dont 40 % avec des verres adaptés à la vue.

Equipements visuels utilisés

L'arbitrage financier au cœur des choix

Dans un contexte économique tendu, le critère budgétaire dicte la majorité des comportements d'achat. L'accès à des équipements de qualité à prix accessible constitue la toute première attente d'amélioration exprimée par 48 % des répondants. Lors du choix d'une monture, le tarif et le reste à charge final pèsent plus lourd (57 %) que le confort (54 %), éclipsant largement les critères esthétiques, la marque ou l'empreinte environnementale.

La proximité géographique constitue le premier critère de choix du lieu d'achat pour 41 % des porteurs d'équipement visuel. L'expertise humaine joue ensuite un rôle déterminant, portée par la qualité du conseil (29 %) et la fidélité à l'opticien ou au site (28 %). Les aspects financiers et de réseau suivent de près, avec l'attractivité des prix (24 %) ainsi que le partenariat avec la mutuelle (21 %). Enfin, l'éventail des montures proposées complète les attentes principales des acheteurs (21 %).

Bien que 69 % des assurés se déclarent satisfaits du remboursement de leur complémentaire santé, 61 % des personnes interrogées font part de contraintes financières marquantes. Plus inquiétant, 16 % des Français reconnaissent avoir déjà reporté ou renoncé à un équipement optique pour des motifs budgétaires, contre seulement 24 % des consommateurs qui se disent prêts à dépenser davantage pour privilégier la qualité.

La suprématie du magasin physique

La filière bénéficie d'une excellente pédagogie concernant le parcours de soins. Une très grande majorité de porteurs de lunettes connaît désormais les prérogatives de l'opticien : 84 % savent qu'il est inutile de repasser par un ophtalmologiste si l'ordonnance est valide, 75 % ont conscience que l'opticien peut adapter leur correction et 66 % maîtrisent la durée de validité légale des prescriptions.

Sur le terrain commercial, le point de vente physique conserve un monopole quasi absolu. En effet, 94 % des achats de lunettes de vue s'effectuent en boutique, répartis entre grandes enseignes nationales (64 %) et opticiens indépendants (30 %). La vente en ligne reste anecdotique pour la lunetterie (2 %), ne trouvant une petite place que sur le marché des lentilles de contact (19 %). Le choix du magasin repose d'ailleurs avant tout sur la proximité géographique avec le domicile ou le travail, suivie de près par la relation de confiance et la fidélité établie avec le professionnel.

Écoresponsabilité et santé : les priorités du consommateur

Parmi les services complémentaires proposés en magasin, la démarche écoresponsable tire son épingle du jeu. La reprise, le recyclage et le reconditionnement d'anciennes lunettes s'imposent comme l'initiative la plus connue (66 %) et la plus adoptée (25 %).

L'essayage virtuel de montures bénéficie également d'une belle notoriété, tandis que les produits plus spécifiques (verres de freination de la myopie chez l'enfant, équipements sportifs ou téléconsultation) souffrent encore d'un déficit d'information auprès du grand public.

Face à ces innovations, les Français réaffirment le rôle central de leur opticien. Ils attendent de lui un accompagnement de professionnel de santé axé sur l'intégration des verres et le confort visuel, plutôt qu'une assistance technique au paramétrage électronique.

 

Écrit par la Rédaction

Vous avez la parole !

pour pouvoir poster des commentaires

Nos lecteurs ont aussi lu...


Les dernières news

Voir + de news