Temps de lecture : 4 min
A la demande des opticiens mobilisés contre les réseaux de soins, Frédéric Bizard participe aux différentes réunions régionales qui se tiendront jusqu’en juin prochain. L’occasion pour lui de prôner sa vision du système de santé qui repose sur le libre choix de son professionnel et de son équipement et ne laisse aucune place aux réseaux de soins. Une analyse qui, évidemment, va à l’encontre de la politique défendue par la ministre de la Santé et les plates-formes des OCAM. Doit-on y voir la raison des attaques qu’il subit depuis quelques semaines de la part de sites BtoB du secteur de l’assurance (blog de Santéclair, site de l’Argus de l’assurance, entre autres) ?
Ces derniers visent à la fois l’homme et ses idées. En contestant sa légitimité en tant qu’économiste de la santé, tout d’abord : « Avant de prétendre travailler sur le système de santé des hommes, Frédéric Bizard […] est diplômé de l’Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort. Hormis deux ouvrages, nulle trace de travaux ou de publications du prétendu économiste de la santé », peut-on lire dans l’article de l’Argus de l’assurance du 7 mars intitulé « Frédéric Bizard, le VRP des ultra libéraux de la santé ». Suit une mise en cause de son indépendance, compte tenu de ses liens avec différents syndicats de professionnels de la santé (chirurgiens, médecins libéraux, dentistes) et les mouvements locaux des opticiens hostiles aux réseaux de soins. L’article poursuit en critiquant son orientation ultra-libérale et sa défense « de la part hors Sécurité sociale et des dépassements d’honoraires ».
Interrogé par Acuité sur ces différentes attaques dont il fait l’objet, Frédéric Bizard y voit essentiellement le signe de l’impact de ses conférences en région : « Je suis attaqué personnellement parce que mes propos inquiètent mes contradicteurs » nous a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « L’enjeu est ailleurs que dans cette polémique stérile. Je défends une vision d’ensemble du système de santé dans laquelle il faut garantir la liberté de choix pour l'assuré et l’indépendance dans leur exercice pour les professionnels de santé. Forcément, cela ne laisse aucune place possible aux réseaux de soins ». Selon lui, le changement de notre système de santé ne peut se faire sans un véritable débat démocratique, « et non en laissant des financeurs privés contrôler les remboursements ». Concernant sa « défense des dépassements d’honoraires », il tient à préciser : « Aujourd'hui, les renoncements aux soins sont dus à une mauvaise répartition du risque, les complémentaires santé capitalisant sur les non-risques. En effet, dans ce que ne rembourse pas l’Assurance maladie, les OCAM remboursent les tickets modérateurs qui représentent 15 milliards d'euros chaque année pour la médecine de ville. Et paradoxalement, ils ne veulent pas prendre en charge la totalité de la partie libre des honoraires des médecins spécialistes alors que celle-ci représente un vrai risque. »
Et de conclure : « Il faut sortir de ce système de santé étatique et corporatiste, qui repose sur des statuts professionnels et ne garantit pas les mêmes droits pour tous les Français. Si on continue à le défendre, on abandonne toute philosophie mutualiste et on se dirige vers une gestion individuelle du risque ».
Vous avez la parole !
pour pouvoir poster des commentaires
Nos lecteurs ont aussi lu...
« Le scandale » des Ocam révélé par Frédéric Bizard
Publié le 21 octobre 2013
Publié ce mois-ci aux éditions Dunod, « Complémentaires santé : le scandale » a pour ambition de répondre aux interrogations des Français en matière de financement de…
Réseaux de soins : la filière optique se rassemble autour de l’association O.S.C.A.R
Publié le 28 janvier 2016
Avec l’objectif de fédérer et rassembler en premier les opticiens et les professionnels de santé, l’Association O.S.C.A.R a été présentée au Silmo 2013. Mise en place…
L’optique entièrement confiée aux OCAM ? Stéphanie Rist juge la piste « intéressante »
Publié le 24 septembre 2026
La ministre de la Santé Stéphanie Rist ouvre la porte à une redéfinition du partage des rôles entre l’Assurance Maladie et les complémentaires, qui pourrait notamment…
Les dernières news
Myopie de l’enfant : une étude du CHU de Poitiers ouvre la voie à une prise en charge plus personnalisée
Publié le 01 octobre 2026
Une étude du CHU de Poitiers, menée avec Krys Group auprès de 723 enfants âgés de 4 à 14 ans, montre qu’il est possible de mieux anticiper la progression de la myopie et…
Élargir les compétences de l'opticien (permis de conduire, écoles, Ehpad...) : le manifeste choc de 3 syndicats
Publié le 01 octobre 2026
C'est une première dans notre secteur : à l'occasion du Silmo 2026, qui s’est tenu du 25 au 28 septembre 2026, le Rassemblement des opticiens de France (Rof), le…
[Sondage] Votre chiffre d’affaires de septembre 2026 par rapport à septembre 2025
Publié le 01 octobre 2026
Après un début d'été en demi-teinte marqué par un léger repli de l'activité en juillet (-0,9 %), le marché de l'optique a repris des couleurs en août 2026. Porté par une…
J'aimerais avoir la certitude que celle qui signe l'article dans l'argus de l'assurance a un vrai diplôme de journalisme, ce que je n'arrive pas à savoir!!!
donc on peut être financier de l'assurance et prétendre régenter la médecine et les équipements paramédicaux. par contre le citoyen lamda qu'il soit plombier ou vétérinaire n' a, selon les assureurs, aucunne légitimité. Mr Bizard, je vous décore (sans que vous me le demandiez) le l'ordre de ce que vous voulez pour votre action contestataire
Répondre à des tentatives de décrédibilisation sans arguments réels par un raisonnement structuré et fondé, c'est bien la meilleure réponse! Continuez Mr Bizard, votre "vision" est la bonne.