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Nous avions analysé en avant-première les résultats de l’étude menée par le cabinet Asterès pour le compte du Groupement des industriels et fabricants de l’optique (Gifo) sur les impacts économiques de la réforme 100 % Santé (autrement dit RAC 0, ndlr).
Eric Lefort, vice-président du Gifo, et Nicolas Bouzou, économiste et dirigeant-fondateur du cabinet Asterès, les ont présentés officiellement ce mercredi 7 novembre, lors d’une conférence de presse. L’occasion de préciser quelques données chiffrées.
Premier enseignement, comme nous vous l’avions indiqué : la réforme ne bénéficierait qu’à une minorité de porteurs. C’est-à-dire ceux renonçant actuellement aux soins d’optique pour des raisons financières (918 966 personnes), les bénéficiaires de la CMU-C et ACS (1065 000), les acheteurs « cannibalisés » qui bénéficieront avec le RAC 0 d’une amélioration de leur condition de remboursement (260 747) et les nouveaux entrants CMU-C et ACS (393 985). En revanche, elle contribuerait à augmenter, de 40% selon l’étude, le reste à charge d’une grande majorité des porteurs du marché libre, hors RAC 0 (environ 30 millions).
Grands perdants de cette réforme : en premier lieu, les fabricants de verres et de montures
« Le Gifo s’est toujours inscrit dans une démarche constructive vis-à-vis des pouvoirs publics estimant que la mise en place du 100% Santé répondait à une problématique d’accès aux soins pour les Français. L’étude que nous avons commanditée démontre que malheureusement la réforme en l’état actuel ne va pas dans le bon sens », déplore Eric Lefort.
La perte financière pour les fabricants dépendra essentiellement de la réaction des porteurs. Autrement dit, si ces derniers décident de conserver un reste à charge identique à celui qu’ils payent actuellement, la baisse du plafond de remboursement des montures à 100 euros impactera forcément les fabricants de montures : en effet, les consommateurs pourraient aligner leurs dépenses de montures sur ce nouveau plafond.
Ils pourraient également conserver des montures au même prix en acceptant des verres du panier 100 % Santé (ce que leur permet la dissociabilité, c’est-à-dire « panacher » offre RAC 0 et offre libre). Auquel cas cela touchera directement les fabricants de verres.
En d’autres termes, « le plafonnement du prix des montures aura nécessairement des effets négatifs sur les 2 acteurs de la fabrication et la dissociabilité pénalisera mécaniquement les fabricants de verres », précise l’étude. « Cette descente en gamme et la perte d’activité pour les fabricants qui en découlera immanquablement auront des conséquences directes sur les industriels que nous représentons », estime Eric Lefort. Les fabricants pourraient ainsi perdre entre 6 et 16% de leurs effectifs et jusqu’à 22% pour les seuls fabricants de montures. « Les nouveaux plafonds de prise en charge favoriseront les importations de montures à bas coût et des délocalisations. La réforme 100% Santé signifie équipements 100% importés. Les départements de l’Ain et du Jura pourraient être directement et durement impactés », ajoute Eric Lefort.
Une baisse de 2 à 10% du chiffre d’affaires (CA) des opticiens
Côté opticiens, l’étude met également en exergue une diminution de leur CA. Certes, l’introduction du panier 100% Santé pourrait être profitable pour les opticiens grâce à une croissance des volumes de ventes et une hausse des dépenses en provenance des bénéficiaires de la CMU-C et de l’ACS. Au total, cela pourrait représenter une augmentation de 242 millions du CA des opticiens.
Mais, la dissociabilité verres-monture représenterait une perte potentielle de 224 millions d’euros. Si 25% des porteurs se tournaient vers le 100% Santé pour l’achat de leurs verres, la baisse de CA pour les opticiens est estimée à 112 millions d’euros. S’ils étaient 30%, la perte s’élèverait à 224 millions d’euros, effaçant quasiment l’effet positif des volumes additionnels.
Enfin, la baisse des plafonds de remboursements des montures à 100 euros (contre 150 aujourd’hui, ndlr) aura « inévitablement des conséquences sur l’activité des opticiens, dont l’ampleur dépendra du comportement des porteurs ». Selon la part des clients décidant de se tourner vers des montures à un prix inférieur à 100 euros afin de limiter leur reste à charge, les opticiens pourraient voir le CA baisser de 107 millions à 482 millions d’euros.
Les opticiens hors réseaux particulièrement impactés ?
Toutefois, cette estimation n’inclut pas une autre variable. En effet, suite à la réforme, les contrats responsables pourraient ne plus imposer de plancher sur les produits du panier B (marché libre), ce qui impliquerait que les remboursements sur les achats du panier B pourraient être différenciés à l’extrême par les Ocam. Ainsi, les remboursements pourraient être particulièrement généreux pour les achats au sein d’un réseau de soin mais très faible pour ceux hors réseau de soin. « Les opticiens hors réseaux pourraient être particulièrement impactés par la réforme », commente l’étude.
1 500 magasins potentiellement menacés
En considérant que 100% des clients se tournent vers des montures à un prix inférieur à 100 euros et 30% des assurés préfèrent des verres du panier 100% Santé, chaque magasin subirait ainsi une baisse de 38 000 euros de son CA, soit une chute de la marge d’exploitation de 5 points en moyenne.
Or, près de 1 500 magasins ont aujourd’hui une marge inférieure à 5%, ce qui se traduirait par des pertes nettes pour ces magasins et mettrait à court terme leur activité en péril. Dans ce contexte, le plafonnement du prix des montures pourrait entraîner la destruction de 2 390 emplois.
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Si 30% des français choisissent le 100% santé, le chiffre de 228 millions € de perte de CA national sur un marché d environ 5.5 Mds hors contacto et solaire me semble extrêmement minimisé. Croire que cela ne génèrerait que 4% de baisse!?
Le 100% santé a un panier moyen de 130€ alors que le panier moyen (hors cmu) est de 434€. Si 30% des clients ou même 20% passent à une moyenne d achat de 130€ au lieu de 434€ soit 70% de baisse de panier moyen, ça aura un impact financier très lourd.
Je crois qu on surévalue l'effet d aubaine de "nouveaux arrivants" qui avaient repoussé un achat optique pour raison financière. Il ne faut pas oublier que la réforme n'aidera pas ceux qui ne peuvent se payer de mutuelles et qu il n y a jamais eu d analyse précise de ces renoncements malgré la demande insistante de la FNOF lors des concertations avec la sécu.
Cette réforme doit impérativement être accompagnée de mesures pour libérer le marché soit disant dit libre. Sinon c'est un acte de mise à mort qui a été signé!!!