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La troisième édition du baromètre* de l’accès aux soins publié par la Fédération hospitalière de France confirme une dégradation persistante de la situation, avec des conséquences directes pour les parcours visuels. Le baromètre porte sur l’accès global aux soins, mais avec une dominante de la médecine de ville, qui se reporte sur la médecine hospitalière, avec des impacts en cascade sur tout le parcours visuel.
Entre allongement des délais et renoncements aux soins, l’ophtalmologie illustre particulièrement les tensions du système.
Des délais élevés en ophtalmologie
Premier constat : les délais d’accès aux spécialistes restent à des niveaux élevés. En moyenne, il faut aujourd’hui près de 2 mois et 3 semaines pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste. Un niveau stable par rapport à 2024, mais qui demeure incompatible avec des besoins croissants liés au vieillissement de la population et à la progression des troubles visuels.
Toutes les spécialités concernées
Cette difficulté d’accès s’inscrit dans un contexte global de saturation. Tous les spécialistes sont concernés, avec des délais dépassant souvent deux mois, voire davantage pour certaines disciplines. Les disparités territoriales aggravent encore la situation : selon la région, l’attente pour un ophtalmologiste varie de 6 à 15 semaines. Si l’Île-de-France s’en sort relativement mieux, de nombreuses zones restent en tension forte.
Le renoncement aux soins toujours d'actualité
Conséquence directe : le renoncement aux soins continue de progresser. 73 % des Français déclarent avoir déjà renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années. Et dans 59 % des cas, ce renoncement est lié à des délais jugés trop longs. Dans le domaine de la vision, cela se traduit concrètement par des contrôles de vue reportés, des renouvellements d’équipement différés, voire des pathologies détectées tardivement.
Cette situation nourrit une inquiétude profonde : 71 % des Français déclarent craindre de ne pas pouvoir accéder à des soins de qualité en cas de besoin urgent . Un climat qui fragilise la prévention, pourtant essentielle en santé visuelle.
Renforcer la collaboration entre les 3 "O"
Les constats de cette étude laissent penser que l'élargissement ces dernières années des compétences des orthoptistes, le développement du travail aidé et la multiplication des sites multiples en ophtalmologie peinent à combler la difficulté d'accès aux soins.
Dans ce contexte, la place des opticiens apparaît plus stratégique que jamais. En première ligne pour capter les besoins, ils constituent souvent le premier point d’entrée dans le parcours des soins visuels. Leur rôle dans le repérage des troubles, l’orientation des patients et le renouvellement des équipements s’inscrit pleinement dans la nécessaire fluidification des parcours. Le développement des coopérations interprofessionnelles – incluant opticiens, orthoptistes et ophtalmologistes – apparaît comme une réponse structurante, tout comme la réforme du BTS-OL et la montée en compétences des opticiens.
*L’étude repose sur un échantillon de 2 500 personnes, représentatif de la population française adulte (18 ans et plus). Les participants ont été interrogés par Internet, via l’Access Panel online d’Ipsos, avec une méthodologie de quotas (sexe, âge, profession, région, type d’agglomération) afin d’assurer la représentativité.
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Aujourd’hui l’étude commandée par la Fédération hospitalière de France (FHF) démontre - ce qui semblait pourtant évident à tous les français - que le délai moyen pour obtenir un RDV avec un ophtalmologiste en France est en réalité de presque 3 mois (2 mois et 3 semaines précisément).
Les ophtalmologistes se trouvent sur le podium en troisième position des spécialités aux plus longs délais d'attente.