La délocalisation a mauvaise presse. Elle peut coûter plus cher que prévu. Frais de transport, hausse des salaires, problèmes de qualité... Des entreprises ont décidé de rentrer.
 
C'est le dernier exemple en date : Geneviève Lethu, marque bien connue de vaisselle, ustensiles de cuisine et objets de décoration - 140 magasins franchisés dans le monde, un chiffre d'affaires de 42 millions d'euros - rapatrie la quasi-totalité de ses activités de production et de stockage sur le sol français. Ce que l'on appelle, et l'opération est assez rare pour être soulignée, une "relocalisation".
 
Celle-ci se fait au plus près du terroir : fini la Chine ou le Viêtnam, place à Thiers pour la coutellerie, aux petites vallées vosgiennes pour le linge de maison, à la vallée du Rhône pour la céramique. Sur ses nouveaux partenaires, Edmond Kassapian, président de la société Geneviève Lethu, ne tarit pas d'éloges : "Dans les arts de la table, le professionnalisme n'est pas en Chine, mais bien en France ! Ici, lorsque l'on décide de travailler avec un coutelier, on peut développer les produits ensemble, réaliser des projets communs ; rien de tel à attendre d'un partenaire chinois". Et puis quelle belle image ! En ces temps de mondialisation douloureuse, le "made in France" est du meilleur effet marketing... Les quelques entreprises qui se sont livrées à l'exercice, au retour de Chine, d'Europe centrale ou du Brésil, ne manquent d'ailleurs pas de le faire savoir.
 
A l'image d'Atol
 
La coopérative d'opticiens Atol, qui a décidé en 2006 de ramener dans le Jura la production de ses collections de lunettes Ushuaia, a ainsi largement utilisé l'argument de vente tricolore. Objectif : que nul n'ignore un patriotisme économique auquel les Français seraient, paraît-il, sensibles. Les origines européennes sont d'autant plus rassurantes que des scandales comme ceux du lait additionné de mélamine ou des jouets dangereux ont fini par valoir une réputation sulfureuse au "made in China". Ce n'est pas par hasard que Smoby, fabricant jurassien racheté par le groupe allemand Simba, vient d'annoncer la relocalisation de sa production de tricycles en Espagne.
 
Le marketing n'est pourtant pas le seul argument développé par les entreprises qui font le choix d'une relocalisation partielle ou totale de leur activité. Première difficulté des implantations lointaines, de toute évidence, de longs et complexes transports de marchandises. "Comme tout le monde va en Chine, déplore Edmond Kassapian, les ports sont encombrés, les bateaux pleins, les délais de traitement des chargements accroissent encore les temps de transport déjà longs." Dans ces conditions, comment assurer la réactivité que l'organisation en “juste à temps” rend indispensable ?
 
 
Source : Valeurs Actuelles

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