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À 57 ans, Ted Carret dirige avec son épouse deux magasins situés à Lons-le-Saunier et Champagnole, dans le Jura, qui emploient une dizaine de collaborateurs. Opticien depuis plus de trente ans, il s’est imposé au fil des années comme l’une des références françaises dans le domaine de la basse vision et de l’accompagnement des personnes malvoyantes. Une expertise qui lui vaut aujourd’hui de figurer parmi les six finalistes du Prix de l’Opticien de l’Année 2026.
Fondateur de l'association Faire Ça Voir, Ted Carret refuse pourtant de limiter son activité à la gestion de la basse vision. Pour lui, la santé visuelle concerne tous les patients, quels que soient leur âge ou leur niveau d’acuité visuelle. « Les difficultés commencent bien avant la malvoyance sévère », rappelle-t-il. Son approche consiste ainsi à optimiser la vision de chacun, qu’il s’agisse d’un enfant présentant des troubles visuels, d’un actif souffrant de fatigue oculaire ou d’une personne atteinte de DMLA ou de glaucome.
« Les clients ne viennent pas seulement acheter des lunettes, ils viennent investir dans leur vision pour les années à venir »
Transmettre aux clients et aux confrères
Cette philosophie s’appuie sur une forte dimension pédagogique. Convaincu que de nombreuses incompréhensions naissent d’un manque d’explications sur le fonctionnement de l’œil ou des équipements optiques, il accorde une place importante à l’accompagnement et à l’information des patients. « Lorsqu’un porteur comprend sa situation visuelle, il accepte plus facilement les solutions proposées », explique-t-il. Cette démarche, déployée dans ses deux magasins, vise à replacer l’opticien dans son rôle de professionnel de santé visuelle, au-delà de la seule délivrance d’un équipement.
Administrateur délégué à la santé visuelle au sein de la coopérative Atol, Ted Carret s’investit également dans la transmission de son expertise. Il forme régulièrement ses confrères à l’accueil et à l’accompagnement des personnes en situation de handicap visuel, avec l’ambition de faire progresser l’ensemble de la profession. Pour lui, la basse vision ne doit plus être considérée comme une activité marginale ou réservée à quelques spécialistes, mais comme une compétence que les opticiens doivent progressivement intégrer à leur pratique quotidienne.
Chercher des solutions plutôt que constater les limites
Curieux de nature, il s’est intéressé très tôt aux solutions permettant d’améliorer l’autonomie des personnes confrontées à des déficiences visuelles. De la basse vision aux verres prismatiques pour certains troubles spécifiques, il revendique une approche pragmatique : chercher des solutions plutôt que constater les limites. « On ne rendra pas les yeux de vingt ans à une personne malvoyante, mais on peut lui permettre de retrouver de l’autonomie », résume-t-il. Cette recherche permanente de solutions constitue l’un des fils conducteurs de son parcours professionnel.
Ce qui continue de le motiver après trois décennies d’exercice, ce sont avant tout les résultats concrets obtenus auprès des patients. Les témoignages de personnes qui retrouvent le plaisir de lire, d’écrire ou simplement de gagner en indépendance restent pour lui les plus belles récompenses. Il évoque notamment ces moments où un patient, persuadé qu’aucune solution n’existe, découvre soudain qu’il peut de nouveau lire un journal ou accomplir un geste du quotidien. « Ce sont des moments qui n’ont pas de prix », confie-t-il.
Résolument optimiste quant à l’avenir de la filière, Ted Carret estime que l’optique dispose encore d’importantes marges de progression dans le domaine de la santé visuelle. Vieillissement de la population, développement des technologies, arrivée des lunettes connectées : autant d’évolutions qu’il perçoit comme des opportunités plutôt que comme des menaces. À condition, selon lui, que les professionnels continuent à valoriser leur expertise et leur rôle dans le parcours de soins. « Notre métier a encore de très beaux jours devant lui », assure-t-il, convaincu que l’avenir de l’optique passera autant par l’innovation que par la capacité des opticiens à remettre la santé visuelle au centre de leur discours.
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