"Plus diplômées que les hommes, les femmes restent moins bien payées, y compris à compétences et temps de travail égaux". Le quotidien Les Echos se fait l'écho d'une enquête de l'Insee cherchant à "isoler les facteurs structurels (interruptions de carrières, secteurs d'activité moins rémunérateurs) des raisons plus subjectives qui dictent les choix des employeurs en matière de rémunération".
 
Sur la tranche d'âge 39-45 ans, l'écart de rémunération entre les femmes n'ayant pas interrompu leur carrière et leurs homologues masculins s'élève à 17%. Pourtant, souligne l'étude, cette catégorie de femmes est plus diplômée que la moyenne des hommes (19% ont au moins un niveau Bac +3, contre 17% chez les hommes) et a plus d'ancienneté sur le marché du travail (17 ans contre 15 ans). "Les hommes en revanche travaillent dans des secteurs économiques plus rémunérateurs, effectuent davantage d'heures supplémentaires et ont plus souvent des horaires décalées".
 
Mais ces facteurs structurels n'expliquent que 30% de l'écart. Pour le reste, poursuivent les chercheurs, "tout se passe comme si les femmes qui n'ont jamais eu l'intention d'interrompre leur carrière n'ont pas pu envoyer un signal crédible aux employeurs sur leur engagement à long terme Autrement dit, leur présence continue sur le marché du travail ne leur rapporte rien de plus qu'accumuler davantage d'expérience, sans réussir à mettre leur rémunération à hauteur de celles des hommes. Les femmes conservent l'image de "mères, ou futures mères, désireuses de quitter le marché du travail, temporairement ou définitivement", conclut l'étude.

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