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À mesure que les ventes de lunettes connectées équipées de caméras se multiplient, la question du respect de la vie privée prend de l’ampleur. 

Au Royaume-Uni, une campagne citoyenne réclame désormais leur interdiction, tandis qu’Instagram annonce un durcissement de sa modération face aux contenus tournés à l’insu de personnes puis diffusés sur le réseau social.

En cause notamment : des vidéos réalisées avec les Ray-Ban Meta dans lesquelles des créateurs abordent des femmes dans la rue ou piègent des salariés. La caméra intégrée aux lunettes permet de filmer sans sortir de smartphone, rendant l'enregistrement beaucoup moins perceptible pour les personnes concernées.

Adam Mosseri, patron d’Instagram, a annoncé vouloir s’attaquer à ces pratiques. Le groupe prévoit des sanctions exemplaires, comme la suppression définitive des comptes qui ne respectent pas le droit à l'image. 

Nous ne voulons pas que les gens prennent furtivement des vidéos d’autres personnes, les harcèlent et postent ensuite sur notre plateforme.
Adam Mosseri, patron d’Instagram

Au moins deux comptes Instagram de coach en séduction spécialisés dans des vidéos de drague, comptant chacun environ un million d’abonnés, ont déjà été suspendus.

Meta tente d'éteindre le feu avec un voyant lumineux

Cette réponse intervient après une autre mesure prise par Meta. Certains utilisateurs avaient trouvé le moyen de masquer ou neutraliser la LED signalant qu'un enregistrement était en cours. Depuis juillet, les lunettes sont censées détecter une occultation ou une altération physique de ce témoin et empêcher alors l'utilisation de la caméra.

Ces garde-fous ne suffisent toutefois pas à éteindre la polémique qui entoure ce que ses détracteurs appellent les "pervert glasses". Pendant que les cinémas du Royaume-Uni se mobilisent pour faire interdire ces lunettes dans les salles de projection pour protéger le droit à l'image, la campagne Stop Smart Glasses réclame désormais l’interdiction des lunettes connectées équipées d’une caméra dans l'espace public.

Une pétition nationale

Le mouvement relaie également une pétition adressée au Parlement britannique. Elle rassemble actuellement plus de 8 300 signatures, se rapprochant du seuil de 10 000 à partir duquel le gouvernement britannique doit apporter une réponse. Selon un sondage YouGov réalisé en mars 2026, 49 % des Britanniques se déclaraient favorables à une interdiction des lunettes connectées dans l’espace public.

En Allemagne, Meta et ses distributeurs sont aujourd'hui visés par une plainte pénale.

Les distributeurs pointés du doigt

Le gouvernement britannique ne prévoit pour l'instant pas de législation spécifique et estime que les textes existants permettent d'encadrer ces usages. Mais la contestation dépasse désormais la seule responsabilité des utilisateurs ou de Meta : en ciblant directement les points de vente, les militants cherchent à déplacer le débat jusqu'aux distributeurs.
Sur le site "Stop Smart Glasses", on trouve un moteur de recherche qui permet de localiser les magasins d'optique vendant ces lunettes. Les internautes sont encouragés à demander à ces opticiens de cesser leurs ventes.

De son côté, Meta en avant les usages liés à l’accessibilité, réputées aider les personnes aveugles ou malvoyantes à identifier des objets ou à mieux appréhender leur environnement, bien que notre propre test en conditions réelles n'ait pas été très concluant. Le groupe a ainsi fourni 15 000 paires à l'association Vision Ireland.

Le sujet devrait néanmoins continuer à prendre de l'ampleur avec l'arrivée annoncée d'autres acteurs sur le marché des lunettes connectées (comme Samsung, Google, ou Apple, qui vont commercialiser d'ici peu des produits similaires).

Écrit par la Rédaction

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