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L'enseigne d'optique Hans Anders, qui appartient au groupe Nexeye – 776 magasins en Europe –, explique vouloir tenir compte des interrogations publiques et politiques sur les conditions d’utilisation de cette technologie/fonctionnalité intégrée aux Ray-Ban Meta. 

La pression monte aux Pays-Bas

Cette décision intervient quelques jours après une prise de position de l’Autorité néerlandaise de protection des données. Le régulateur a rappelé le 22 septembre que filmer ou photographier des personnes identifiables avec des lunettes connectées impose de respecter leur vie privée. Il conseille également aux organisations d’en interdire l’utilisation dans leur règlement intérieur lorsque cela apparaît nécessaire.

La Consumentenbond va plus loin. Après avoir testé les Ray-Ban Meta, l’association affirme que le voyant signalant l’enregistrement peut notamment être masqué et a demandé à Meta de modifier son dispositif. Elle menace d'engager une procédure judiciaire si le fabricant ne répond pas à ses exigences.

Un sujet désormais européen

La controverse dépasse largement les Pays-Bas. 

  • En Allemagne, une plainte pénale concerne Meta, les marques Ray-Ban et Oakley d'EssilorLuxottica, ainsi que Fielmann, Apollo-Optik, Mister Spex et MediaMarkt.
  • Au Royaume-Uni, les inquiétudes liées à la vie privée ont conduit plusieurs établissements — pubs, restaurants, théâtres, mais aussi les tribunaux d’Angleterre et du pays de Galles — à en restreindre ou interdire l’usage.
  • En France, le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes fin septembre après des plaintes concernant des femmes filmées dans la rue à leur insu avec des lunettes connectées. La marque utilisée n’a pas été précisée par le parquet.

De son côté, la CNIL a lancé un plan d’action consacré aux lunettes connectées. Son enquête menée auprès de 2 128 Français montre que 67 % considèrent ces équipements comme présentant un risque d’atteinte à la vie privée.

La décision de Hans Anders constitue ainsi un signal à surveiller pour la filière optique : pour la première fois, un réseau d’envergure choisit de retirer des lunettes connectées avec caméra non pas pour des raisons commerciales, mais face aux interrogations liées à leur usage. Un précédent qui intervient alors qu’EssilorLuxottica et Meta viennent au contraire d’accélérer le développement de leur offre, avec une troisième génération de Ray-Ban Meta et une nouvelle gamme de lunettes IA audio sans caméra, que nous avons pu tester il y a quelques jours au Silmo.

Une stratégie de différenciation ?

Au-delà des considérations liées à la vie privée, la décision de Hans Anders peut aussi être observée sous l’angle concurrentiel. 

Aux Pays-Bas et en Belgique, l’enseigne fait notamment face à Pearle, qui compte plus de 590 magasins sur les deux marchés et appartient depuis le rachat de GrandVision à EssilorLuxottica. 

Le groupe franco-italien étant à la fois propriétaire de Ray-Ban, partenaire de Meta et distributeur à travers ses propres enseignes, les lunettes connectées occupent une place particulière dans sa stratégie. En suspendant leur commercialisation, Hans Anders prend donc le contre-pied de l’un de ses principaux concurrents et peut se différencier sur le terrain de la protection de la vie privée. Une lecture stratégique qui reste toutefois une hypothèse : l’enseigne n’a officiellement avancé que les interrogations entourant l’usage de ces lunettes.

Écrit par la Rédaction

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