"Notre seule marge de manoeuvre sera d'augmenter les tarifs, et d'expliquer pourquoi à nos assurés" prévient Gérard de la Martinière, Président de la FFSA (Fédération Française des Sociétés d'Assurance), suite à la décision du gouvernement de taxer les bénéfices des complémentaires santé.
Dans une interview publiée ce 4 septembre par le journal Les Echos, il souligne que ce prélèvement, qui vise à faire entrer 1 milliard d'euros dans les caisses de l'Assurance maladie, représentera "près de 4% du chiffre d'affaires de leur chiffre d'affaires, s'ajoutant aux 2,5% déjà prélevés pour financer la CMU".

Gérard de la Martinière met également en doute la promesse du gouvernement d'impliquer, en échange de cette taxe, les complémentaires santé dans la gestion de la Sécurité sociale. "C'est inscrit dans la loi depuis 4 ans. Cela n'a jamais produit d'effet. Il n'y aura pas de changements significatifs. Ce n'est pas faute d'avoir transmis au gouvernement la liste des rubriques susceptibles d'être transférées aux complémentaires, (dont l'optique, ndlr), pour leur permettre d'exercer un véritable contrôle du risque et de l'offre" regrette-t-il.

Le Président de la FFSA dénonce également la façon dont s'est décidée cette mesure, estimant que "cette solution apparue in extremis n'émane ni des syndicats, ni du Medef, ni des institutions de prévoyance, ni évidemment des assureurs. Soit elle a été inventée par Bercy, soit elle a été soufflée par la Mutualité".

Pour Gérard de la Martinière, la mise en oeuvre de cette taxe "remet en cause le modèle économique de la complémentaire santé". "Peut-être nous faudra-t-il cesser de vouloir nous affirmer comme partenaire des pouvoirs publics dans la gestion des soins des Français, et basculer vers le ‘hors-Sécu ?" s'interroge-t-il.
Écrit par la Rédaction

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