Pour la grande majorité des patients, l'ophtalmologiste reste incontournable en matière de santé visuelle. Selon la 2ème édition de l'enquête « Les Français et leur santé oculaire » réalisée par l'Ifop pour le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France), le professionnel le plus compétent pour dépister d'éventuels problèmes oculaires est :
•l'ophtalmologiste pour 94% des sondés
•l'opticien pour 3%
•l'orthoptiste, le généraliste ou l'optométriste pour seulement 1%.

Alors que le ministère de la Santé a récemment évoqué de possibles transferts de tâches aux orthoptistes, opticiens, voire optométristes pour résoudre le problème des délais d'attente en ophtalmologie, « ces résultats montrent qu'il en est hors de question pour les patients », commente le Dr. Béatrice Cochener, présidente de l'Académie française d'ophtalmologie.

« La vocation de l'opticien reste commerciale »

La prescription de lunettes reste, pour une majorité des Français, un geste médical :
•68% n'accepteraient pas qu'une personne non formée en faculté de médecine puisse effectuer un bilan oculaire et prescrire un équipement optique
•70% des porteurs de lunettes n'accepteraient pas que des opticiens puissent rédiger des ordonnances, car le « mélange des genres les gênerait »
•30% des porteurs se disent cependant favorables à la prescription de lunettes par des opticiens, « car cela leur éviterait de devoir retourner chez l'ophtalmologiste tous les trois ans »

« La vocation de l'opticien reste commerciale. Il faut aussi souligner que 36% des patients qui consultent un ophtalmologiste pour se faire prescrire un équipement correcteur se voient diagnostiquer un problème oculaire, et perdraient une chance s'ils ne voyaient qu'un opticien », conclut le Dr. Béatrice Cochener.

Les Français favorables aux cabinets aidés

•74% des Français soutiennent les « cabinets aidés », où un orthoptiste effectue certains examens avant la consultation du médecin (contre 67% en 2011).
•80% accepteraient d'être pris en charge, « pour un simple suivi entre deux examens, par un membre de l'équipe médicale autre que l'ophtalmologiste »

Reste que, pour développer ce modèle, « les médecins doivent investir. Ceux qui exercent en secteur 1 doivent avoir davantage de liberté tarifaire », explique le Dr. Jean-Bernard Rottier, président du Snof. Le syndicat réclame entre autres la création d'un forfait « travail aidé » pour aider les ophtalmologistes à embaucher du personnel. Mais cette solution a jusqu'ici été systématiquement rejetée par l'Assurance maladie.

*Etude réalisée du 8 au 10 janvier auprès d'un échantillon de 1 008 personnes représentatif de la population française.
Écrit par la Rédaction

Vous avez la parole !

pour pouvoir poster des commentaires

Nos lecteurs ont aussi lu...


Les dernières news

Voir + de news