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L'Association des Optométristes de France (AOF), présidée par Thibaud Thaëron, a publié un communiqué afin d'interpeller les acteurs de la filière sur la présence d'une borne de commande de lentilles qui permet aux patients de commander directement leurs lentilles de contact depuis l'espace de consultation ou la salle d'attente de leur ophtalmologiste.
Une rupture entre prescription, conseil et vente
Pour le syndicat, l'installation de telles bornes de commande au sein d'une structure médicale brise un principe fondamental : la stricte séparation entre l'acte médical (la prescription), l'accompagnement technique (le conseil) et l'acte commercial (la vente). Cela crée « aux yeux du patient, une confusion ».
L'AOF rappelle que cette délimitation des rôles est au cœur des débats sur l'évolution des compétences depuis de nombreuses années. Elle garantit l'équilibre et la déontologie de la filière visuelle.
L'ombre du « compérage » et du conflit d'intérêts
L'argument phare de l'AOF s'appuie directement sur le Code de déontologie médicale. Ce dernier interdit formellement toute situation qui s'apparente à du compérage ou à un apport de clientèle guidé par des intérêts financiers ou commerciaux. En installant un terminal marchand dans le parcours de soin immédiat, la question de la neutralité et du libre choix du patient est posée.
Le syndicat s'interroge sur la conformité de ces pratiques vis-à-vis du cadre réglementaire actuel et des principes d'indépendance qui régissent la médecine de soins.
L'innovation oui, mais dans un cadre strict et équitable
L'AOF tient toutefois à préciser qu'elle ne s'oppose pas à la modernisation technologique. L'association affirme ne pas remettre en cause l'innovation ni le déploiement d'outils numériques conçus pour améliorer l'accès aux soins ou fluidifier l'expérience des porteurs. Cependant, elle exige que la transformation digitale ne serve pas de prétexte à une application « à géométrie variable » des règles sectorielles.
En conclusion, Thibaud Thaëron et son bureau rappellent que les principes cardinaux d'indépendance, de transparence et de libre choix du patient doivent s'imposer avec la même exigence à l'ensemble des professionnels et des structures de la vision. L'AOF demande des clarifications urgentes pour encadrer cette pratique émergente avant qu'elle ne déstabilise durablement le parcours de santé visuelle.
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C'est assez comique le 2 poids 2 mesures.
Quand il s'agit d'installer des points de télémédecine au sein des boutiques pour obtenir des prescriptions (+/-sans véritable examen ophtalmo), il n'y a pas de problème.
Par contre quand il s'agit d'installer un point de vente dans le cabinet du prescripteur, là c'est dramatique.
Pour moi, les 2 sont à exclure et sanctionner lourdement. Aucun lien direct ou indirect ne doit être présent entre l'examen médical et le commerce.
Entre les ophtalmo qui vendent des lentilles dans leur cabinet et les assureurs en complémentaire santé qui vendent des lunettes depuis leur site, la DGCCRF ne va pas manquer de travail !