Alors que l'actualité de notre filière a été marquée ce jour par la publication d'une enquête à charge réalisée par l'UFC-Que choisir, les réactions se multiplient à l'instar de ce duel entre Philippe Peyrard, DG d'Atol, et Marc Simoncini, fondateur de Sensee sur le plateau de l'émission « C'est à vous » diffusée sur France 5 à 19h15. 
Animé par Patrick Cohen, le débat intitulé « Lunettes : à quand une baisse des prix » est parti des résultats récoltés par l'association, ainsi que des commentaires du PDG de Sensee ce mardi matin sur Europe 1 qui affirmait que « les opticiens et les mutuelles se gavent sur le dos des consommateurs ». 

Premier à répondre au journaliste qui s'interrogeait sur les raisons des prix élevés des lunettes, Philippe Peyrard a rappelé qu'en France, « nous avons un système assez singulier puisqu'il y a un régime obligatoire, celui de la Sécurité sociale, et un autre, le régime complémentaire, celui des assurances maladie », et d'expliquer que ce qui fait augmenter les prix, ce sont les consommateurs, « c'est vous et moi, puisque soit vous payez une complémentaire, soit vous signez un contrat groupe payé par votre employeur (...) 
Sans surprise, Marc Simoncini s'est montré plutôt vif, martelant, études de l'UFC-Que choisir, de la Cour des comptes, la DGCCRF et de la Sécu à l'appui, que les équipements optiques « sont hors de prix comparativement au reste de l'Europe ». 

Revenant sur les conclusions de l'UFC-Que choisir, qui estime qu'« un opticien sur cinq propose aux clients de frauder les mutuelles en falsifiant la facture », Patrick Cohen a évoqué le cas d'Atol. Son directeur général a alors rappelé d'après l'enquête, qu'« Atol est le meilleur élève de la classe, puisque c'est là où il y a le niveau de présomption [de fraude] le plus bas ». Il a également souligné que « l'étude de Que choisir n'est jamais allée jusqu'à une vente réelle ». 
Il s'est toutefois dit « moins satisfait de voir [moins de 10% de suspicion de fraude dans son groupe], compte-tenues de nos normes qualité. » Reste que « plus de 90% de nos associés sont extrêmement scrupuleux et respectueux de la loi », a-t-il précisé. 

Se défendant d'être contre Internet, Philippe Peyrard a rappelé que « les Français plébiscitent un système avec un opticien de proximité, qui créé des emplois en France et qui, comme nous, favorise le Made in France ». Arguant au contraire que sur Internet « on donne la vérité sur les prix », Marc Simoncini a affirmé « proposer les mêmes produits et les mêmes verres, 50 à 40% moins chers. » Quant à la perte de milliers d'emplois que provoquerait le projet de plafonnement, le « pure player » a parlé de « mystification totale ». Selon lui, si les opticiens s'approvisionnent en Chine, c'est pour « maintenir les marges, donc pourquoi faire supporter aux fabricants la marge que l'opticien ne veut pas perdre ? » 
Philippe Peyrard lui a répondu calmement en présentant une monture chinoise vendue sur le site Sensee et démontré que la marge faite par le site est de 85%. Rappelant au passage que son enseigne « fait travailler plus de 1 000 personnes dans le Jura ». Le directeur général d'Atol a ensuite précisé que « l'opticien moyen fait 60% de marge, (...) contre 55% dans le commerce en général, mais l'optique est un métier de transformation, (...) donc l'opticien va passer 2h30 sur toute la vie du produit, y compris sur le service après-vente » a-t-il souligné. Contrairement au début du débat, plutôt en faveur d'un Marc Simoncini péremptoire, l'argumentation posée et précise de Philippe Peyrard lui a permis de reprendre la main pour finalement conclure à l'avantage des opticiens. 

Écrit par la Rédaction

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