Face aux ambitions du milliardaire tchèque Michal Strnad, Leonardo Maria Del Vecchio propose de racheter l'intégralité des parts familiales dans la holding Delfin pour préserver l'ancrage italien du groupe.

Dans une lettre adressée au journal italien QN, Leonardo Maria Del Vecchio a fait savoir qu'il était prêt à racheter les parts des autres membres de sa famille au sein de la holding Delfin, qui contrôle EssilorLuxottica (à hauteur de 32,4 %).

Dans son courrier, Leonardo Maria Del Vecchio indique avoir sécurisé un soutien financier auprès d'une institution internationale confidentielle. « J'ai proposé l'acquisition totale et immédiate des parts, ou d'autres formes d'acquisition plus étalées dans le temps », a t-il expliqué dans un communiqué.

L'initiative de l'héritier vise à rassurer les associés sur plusieurs fronts stratégiques. D'une part, la proposition garantit une liquidité immédiate aux membres qui souhaiteraient céder leurs parts grâce à une offre financée, apportant ainsi une réponse aux blocages héréditaires qui fragilisent la holding. D'autre part, cette démarche préserve la souveraineté nationale en maintenant sous pavillon italien le patrimoine de Delfin, qui détient des participations dans l'économie de la péninsule, notamment 17,6 % de Monte dei Paschi di Siena, environ 10 % de Generali, 2,7 % d'UniCredit et près de 28 % de Covivio.

« Je continuerai à œuvrer pour protéger et pérenniser ce que mon père a bâti et qui, au fond, appartient aussi à l'Italie. Je continuerai à le faire, avec les associés de Delfin qui voudront me suivre, dans le respect de tous et avec la même détermination que toujours », a affirmé le milliardaire dans le même communiqué.

Une bataille d'actionnaire après le départ des fonctions opérationnelles

Cette offensive financière marque une nouvelle étape dans le combat de l'héritier pour l'héritage parental. Elle intervient deux mois seulement après que Leonardo Maria Del Vecchio a abandonné ses fonctions dirigeantes au sein d'EssilorLuxottica. 

En quittant ses postes de président de Ray-Ban et de responsable de la stratégie, le fils du fondateur avait publiquement dénoncé des divergences stratégiques et humaines avec le directeur général Francesco Milleri, déplorant une gouvernance devenue « distante et impersonnelle ».

Bien qu'écarté des opérations quotidiennes du groupe depuis le 31 août, Leonardo Maria Del Vecchio conserve son poids financier via ses 12,5 % dans Delfin (soit entre autres 4,05% de EssilorLuxottica). Refusant catégoriquement qu'EssilorLuxottica et les participations bancaires italiennes passent sous le contrôle d'un groupe étranger, il entend faire valoir sa vision dès les prochains jours. 

Il prévoit de présenter officiellement l'ensemble de son projet de reprise aux autres actionnaires de la holding le 7 novembre.

Écrit par la Rédaction

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