Le 26 avril dernier, le Quotidien du médecin publiait dans un numéro spécial ophtalmologie, un article intitulé "La prescription de lunettes est un acte médical", réalisé par Jean-Bernard Rottier, ophtalmologiste et Vice-président du SNOF (Syndicat National des Ophtalmologistes de France). Dans cet article, le Dr Rottier revient sur l'idée émise de transférer la prescription à d'autres professionnels afin de résoudre les problèmes d'attente rencontrés par les patients et précise que "Notre volonté, pour la France, est de construire une filière visuelle cohérente et homogène, c'est-à-dire sans affrontement structurel entre les parties qui la composent. En pratique, nous travaillons avec l'aide de deux professions."
Présentant les deux professions concernées, orthoptiste et opticien, le Dr Rottier indique : "L'orthoptie existe depuis 1938. Son inscription au code de la santé publique date de 1964. Profondément légaliste et de culture médicale, elle en est à la deuxième version de son décret de compétence. La volonté des orthoptistes, constamment réaffirmée, est de travailler dans le cadre d'une « profession prescrite ». Leur autonomie ne s'exerçant que dans le périmètre de leur compétence : la rééducation orthoptique. Juridiquement, on peut dire qu'elles bénéficient d'une « délégation de compétence médicale » pour la rééducation orthoptique et d'une « délégation d'actes techniques sous contrôle médical » lorsqu'elles mesurent la meilleure acuité visuelle corrigée dans le cadre d'un travail en collaboration avec nous.
L'autre profession est celle d'opticien, quasiment aussi juvénile. Avant la Deuxième Guerre mondiale, elle n'était pas réglementée et beaucoup des « lunetiers » étaient des forains qui faisaient des essais de lunettes sans réfraction. La force des opticiens a été d'œuvrer pour ne jamais avoir de décret de compétence. Ils n'ont pas non plus de conseil de l'ordre ni de code de déontologie écrit. Cette stratégie délibérée a permis à une frange marginale d'entre eux de faire tout ce qui n'était pas explicitement interdit : de la prescription de verres correcteurs à l'adaptation de lentilles. J'en ai même entendu certains en France revendiquer la réfraction dans son ensemble, y compris la chirurgie réfractive !
Le balisage de cette profession s'est donc fait, au fil des ans, par les actions du Syndicat national des ophtalmologistes de France devant les tribunaux. La jurisprudence a ainsi, peu à peu, procès après procès, tracé une limite : les opticiens, formés par un BTS de deux ans, n'ont que le droit de renouveler les verres correcteurs par la méthode subjective chez les personnes de plus de 16 ans. En revanche, leu sont interdits l'adaptation de lentille et toute tentative de diagnostic.
"

Suite à cet article, le Dr Rottier a rédigé un message dans le forum des 3O, qu'il a initié et dans lequel les 3 professions sont invitées à s'exprimer. Revenant sur l'article en question, il répond : "J'ai écrit dans un journal médical et pour un numéro spécial destiné exclusivement aux ophtalmos qu'avant la dernière guerre mondiale :" beaucoup des "lunetiers" étaient des forains ".
Si cette phrase est blessante pour les opticiens je les prie de m'en excuser, tel n'était pas mon désir.
Mon propos visait à expliquer aux ophtalmos, dont 90% ignorent que les opticiens ont le droit de faire des réfractions subjectives, qu'il fallait s'organiser avec eux pour leur transférer des renouvellements d'équipements dans l'intervalle de deux consultations d'ophtalmologiste, en précisant que c'est à l'ophtalmo de juger la largeur de cet intervalle.
Si la filière veut contrer les initiatives de certaines mutuelles il faut s'organiser entre nous (nous = opticiens et ophtalmos).
Mais si les opticiens souhaitent faire des réfractions sauvages gratuitement en diminuant la qualité des produits qu'ils délivrent c'est leur problème...
"
Écrit par la Rédaction

Vous avez la parole !

pour pouvoir poster des commentaires

Nos lecteurs ont aussi lu...


Les dernières news

Voir + de news