L'EAOO, l'Académie européenne de l'optométrie et de l'optique, est un nouvel organisme créé par l'ECOO (Conseil européen d'optométrie et d'optique). Son premier congrès s'est déroulé les 15 et 16 mai à Copenhague, au Danemark. Jean-Paul Roosen, directeur de l'ICO (Institut et Centre d'Optométrie de Bures-sur-Yvette) et membre fondateur de cette Académie vous explique les enjeux de cette rencontre.

Acuité : Quels sont les buts poursuivis par l'EAOO ?
Jean-Paul Roosen : L'Académie Européenne d'Optique et d'Optométrie a été créée sur la base du travail de l'Association Européenne des Ecoles d'Optométrie, pour faciliter la coopération et le débat. C'est avant tout un lieu d'échange, où les enseignants, les chercheurs, les professionnels de l'optique et de l'optométrie, ainsi que les étudiants se rencontrent pour promouvoir l'enseignement et la recherche en Optique et en Optométrie.

A. : Combien de membres compte aujourd'hui cette Académie ?
J-P. R. : Aujourd'hui l'EAOO compte 270 membres, 212 individuels, dont 5 Français, et 56 organismes de formations ou professionnels, dont 1 français, l'Institut et Centre d'Optométrie ! L'ICO, moi-même et quelques enseignants y ont adhéré dès le début. Je m'y suis investi, dans la continuité du travail déjà effectué dans le cadre de l'Association Européenne des Ecoles d'Optométrie, et j'y siège au Comité exécutif (Board of Trustees).

A. : Pourquoi adhérer à l'EAOO ?
J-P. R. : Pour un enrichissement personnel, pour l'occasion de côtoyer, d'échanger avec des confrères, formateurs ou praticiens qui pratiquent le même métier dans des structures différentes, avec une culture et une histoire différente... Cela donne de bonnes idées pour sa propre pratique, cela en apporte également aux autres. Comment peut-on enseigner aujourd'hui dans un monde si ouvert en restant replié sur soi-même, comment peut-on préparer nos étudiants à affronter un monde "global" sans s'y confronter soi-même ? L'Europe de notre profession se construit, aujourd'hui quasiment sans la France. Nous risquons donc de subir une évolution, des structures des règles que nous n'aurons pas choisies, nous n'aurons même pas saisi l'opportunité de faire valoir notre point de vue, d'exposer notre "exception française".

A. : Quels ont été les points forts de la rencontre de Copenhague ?
J-P. R. : L'Académie a reçu plus de 200 délégués venus de 27 pays différents. C'était un congrès de très bon niveau, avec des conférences et des tables rondes sur des sujets essentiels portant sur la recherche, l'enseignement, l'aspect clinique et la prise en charge des problèmes de vision. Une rencontre a été consacrée à l'évolution des compétences des opticiens et optométristes... Trois « Special Interest Groups » ont aussi été lancés à Copenhague sur trois thèmes : Education, Optique de Contact et Réfraction et Vision binoculaire. Leur objectif est de faciliter l'échange entre les personnes intéressées par la même spécialité.

A. : Quels seront les prochains rendez-vous de l'Académie ?
J-P. R. : Le prochain congrès aura lieu en mai 2011 à Prague. Le comité directeur, dont je suis membre, se réunira quant à lui quatre fois par an. J'invite les professionnels du secteur à rejoindre l'EAOO, notamment les étudiants, qui bénéficient de frais d'inscription réduits. Les Français y sont trop peu représentés, alors que nous avons des choses à dire et à apprendre, notamment sur les expériences étrangères, au sein de cette organisation.
Écrit par la Rédaction

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