Interrogé par Oliver de Lagarde et Patrick Lelong dans l'émission « Patron, Chef d'entreprise » du samedi dernier, Didier Papaz est revenu sur l'actualité de la profession, estimant pour commencer que « des efforts ont déjà été fournis par les opticiens » pour réduire la facture des consommateurs français. 
Il a poursuivi en dénonçant la mise en oeuvre brutale de lois qui n'ont pas fait l'objet de concertations comme l'ouverture « du marché en autorisant la vente de lunettes sur Internet pour plus de concurrence, ce qui n'est pas un problème pour nous puisque nous avons déjà un site en ligne », a-t-il souligné ; ou encore, comme l'autorisation pour les mutuelles de constituer des réseaux d'opticiens fermés. 

Pour le PDG d'Optic 2000, ces deux mesures auraient dû suffire : « Il aurait été intéressant de faire une pause afin d'évaluer l'impact de cette loi [hamon, ndlr] », a-t-il jugé, avant de préciser que « si cet impact était insuffisant, on aurait alors pu réfléchir à des plafonnements du remboursement des complémentaires santé... » D'autant, a-t-il rappelé, que « si les mutuelles veulent ajuster leurs tarifs, rien ne les en empêche puisque nous sommes encore dans une économie libre et qu'il n'y a pas de raison de réguler leurs remboursements ». 

Citant le rapport de la Cour des Comptes, le PDG d'Optic 2000 a admis que « les dépenses par habitant en lunettes sont en effet plus élevées en France qu'ailleurs. (...) Mais les Français sont les mieux équipés. » En revanche, Didier Papaz a une nouvelle fois insisté sur le fait que « le prix des lunettes n'est pas plus élevé en France qu'à l'étranger, si l'on compare des produits et des services semblables. Nous sommes moins chers qu'en Allemagne ou en Italie », a-t-il relevé. Il aurait également pu évoquer les questions de TVA, bien plus élevées en France qu'ailleurs. 
Attaqué sur le prix des lunettes et des marges considérées comme exorbitantes (230% de marge brute selon l'UFC-Que choisir, ndlr), Didier Papaz a rappelé qu'un opticien passe en moyenne 2 heures 30 minutes avec un client « entre le moment où il entré dans le magasin et celui où il recevra ses lunettes », en raison des divers examens et manipulations à réaliser. Au total, a-t-il indiqué, « l'optique est une activité à forte implication salariale, il est donc nécessaire de dégager des marges brutes de 55 à 60% en moyenne par magasin ». 

Enfin, à la question de savoir s'il y a trop de points de vente en France, Didier Papaz a rappelé le principe économique qui veut que « plus il y a d'acteurs sur un même marché, plus la concurrence est forte et pousse de fait à la baisse des prix ». Il a néanmoins convenu qu'il y en a un peu trop, en rappelant qu' « il arrive chaque année sur le marché du travail 2500 nouveaux diplômés en optique. C'est l'une des raisons qui explique la multiplication des boutiques, ce qui est un problème pour notre secteur ». 

Pour voir en intégralité l'intervention de Didier Papaz, cliquer ici

Écrit par la Rédaction

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