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Quelles pourraient être les conséquences de la réforme du reste à charge zéro, promise par Emmanuel Macron ? Voici la question à laquelle le cabinet Actuarielles a tenté de répondre lors d’une récente conférence.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa présidente Anne Marion a un avis tranché sur la question : « cette réforme est une hérésie financière. Comme le contrat responsable, c’est une fausse bonne idée », rapportent nos confrères de WK-RH.
Pour elle, « l’idée d’une protection sociale complémentaire améliorée pour les soins dentaires et les audioprothésistes a du sens, mais beaucoup moins pour le remboursement des lunettes ». Les chiffres l’attestent : en tant qu’actif, le coût de l’assurance « aux frais réels » sur 2 ans est de 432 euros et de 648 euros sur 3 ans, contre 792 euros pour un retraité. Or, sans complémentaire santé, selon Alcimed, société de conseil en Innovation et Développement de Nouveaux Marchés pour la direction de la Sécurité sociale (DSS), un équipement unifocal coûte environ 280 euros et 570 euros pour des verres progressifs. « L’autofinancement étant moins coûteux, assurer l’optique n’est pas nécessaire, sauf pour les bénéficiaires de l’ACS et de la CMU-C », commente Anne Marion.
La présidente du cabinet Actuarielles poursuit son raisonnement : « Fort de ses effets d’annonce à venir avec le reste à charge zéro, l’Etat va maintenant pouvoir justifier politiquement un désengagement financier sur d’autres postes. En effet, compte-tenu du coût exponentiel du vieillissement de la population et de la baisse de la masse salariale, il ne peut que se désengager de la Sécu ».
Quel secteur pourrait être concerné ? En premier lieu, « le médicament », estime Anne Marion. D’après les calculs du cabinet, environ 2 milliards d’euros d’économies peuvent être réalisées en baissant le taux de remboursement des vignettes blanches de 65 % à 30 % et celui des vignettes bleues de 30 % à 15 % pour les médicaments inférieurs à 15 euros. « Ce déremboursement sera automatiquement reporté vers les complémentaires. Dès lors, comment ces dernières pourront-elles y faire face autrement qu’en arrêtant de rembourser les vignettes bleues et orange (15 %). Il faut d’ores et déjà préparer les assurés à cette probabilité », conclut-elle.
On sait qu’avec des offres commerciales à partir de 39 euros en moyenne, le prix n'est pas un critère de renoncement aux lunettes. Plutôt que de mettre en place une réforme qui ne satisfait personne, il aurait été préférable que l’Etat crée un « RAC O » pour les personnes dans le besoin, en redéfinissant les accès de la CMU et CMU-C. Résultat : un coût moins important par le Gouvernement, la Sécurité sociale et les clients.
Les Ocam en se désengageant de l’optique auraient pu mieux financer l'audio et le dentaire. Pour les porteurs, le gain aurait été immédiat en termes de cotisation. Et comme en Allemagne, il y a 10 ans, nous aurions pu instaurer un marché libre avec une vraie concurrence liée à des prix attractifs et des compétences techniques.
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Tout a fait d'accord avec l'article, on sait très bien qu'on ne peut pas "rentabiliser" sa mutuelle, cependant il serait dommage de s'en passer de prendre une, car pour les gros risques personne n'est à l'abris. Dans le cas des lunettes, les assurés sont 100% perdants, autant baisser les cotisations et payer ses lunettes, le marché s'autorégulera et tout le monde pourrait s'en sortir. Le seul problème sera de sortir l'argent d'un coup, mais vu les facilitées de paiements possible, jusqu’à 12 fois, même cet argument est irrecevable.
il serait intéressant de connaitre le détail concernant le coût de l'optique dans une cotisation santé. Des chiffres sont avancés dans votre article, alors que jamais au grand jamais une complémentaire santé ne vous fera ce type de calcul comparatif...