Dans une tribune publiée le 9 septembre 2026 dans Ouest-France, Éric Chenut, président de la Mutualité Française, s'adresse aux assurés sociaux pour dénoncer le désengagement financier de la Sécurité sociale. 

Il pointe du doigt une politique qui pèsera directement sur le budget des patients et de leurs complémentaires santé.

Un transfert chiffré à 1,7 milliard d'euros

Éric Chenut fustige ce qu'il qualifie de « tours de passe-passe budgétaires » de la part du gouvernement. Dès 2027, les mutuelles devront absorber 1,5 milliard d'euros de remboursements de soins, un montant qui atteint « près de 1,7 milliard avec les taxes ».

Concrètement, ce transfert se traduira par plusieurs mesures :

  • La prise en charge par les mutuelles des dépenses dentaires atteindra 50 %, « contre 30 % il y a moins de trois ans ».
  • Des médicaments d'usage courant, comme l'Imodium ou le Pivalone, verront leur remboursement divisé par deux ou trois.
  • Le plafond annuel des franchises médicales laissées à la charge directe des patients passera « de 100 à 140 euros ».

Pour le président de la Mutualité, ces décisions ne réduisent pas les dépenses de santé, elles ne font que « déplacer la facture vers les assurés », leurs mutuelles et les entreprises.

La fiscalité des complémentaires en ligne de mire

Le dirigeant dénonce également le niveau de taxation imposé aux mutuelles, qui s'élève aujourd'hui à 16,20 %. Il assimile ce prélèvement à une « TVA sur la santé », et souligne que sur chaque tranche de 100 euros de cotisation, 16,20 euros partent dans les caisses de l'État.

Éric Chenut rappelle que la santé n'est pas « un produit de luxe », il exhorte les assurés à solliciter leurs parlementaires lors des débats budgétaires de l'automne pour réclamer une taxation alignée sur celle des biens de première nécessité.

Quatre leviers pour une meilleure efficience

Éric Chenut avance plusieurs pistes pour dégager des marges de manœuvre financières sans pénaliser les patients :

  • La lutte contre la fraude : en déployant immédiatement les décrets et outils de la loi du 25 juin 2026.
  • La pertinence des soins : en s'appuyant sur des référentiels scientifiques pour « consacrer chaque euro à ce qui est utile au patient ».
  • La régulation du secteur : pour freiner la financiarisation de la santé et éviter que les cotisations ne financent les bénéfices de « fonds d'investissement étrangers ».
  • La prévention : érigée en priorité nationale pour rendre le modèle « plus soutenable » sur le long terme.

La tribune s'achève sur un appel à préserver la solidarité nationale, fondement du système de santé français, afin que « chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ».

Écrit par la Rédaction

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