Lors de son assemblée générale organisée le 25 juin à Paris, la Mutualité Française a adopté un ton particulièrement offensif face aux orientations budgétaires du gouvernement. 

À travers un « Appel à la mobilisation pour l'avenir de la protection sociale », le mouvement mutualiste dénonce les transferts de dépenses de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé et les projets de déremboursement de certains soins, qu'il considère comme une remise en cause des principes fondateurs de la Sécurité sociale.

Taxer la santé et dérembourser les soins, ce n'est pas réformer

Eric Chenut, président de la Mutualité Française


Les mutuelles estiment que le transfert annoncé de 2 milliards d'euros de dépenses vers les complémentaires ne répond ni aux difficultés d'accès aux soins ni à la maîtrise des dépenses de santé. Le texte souligne notamment que près de cinq millions de Français sont toujours sans médecin traitant et que les déserts médicaux concernent désormais une grande partie du territoire.
La Mutualité Française critique également l'hypothèse d'une nouvelle taxation des contrats de complémentaire santé. Selon elle, cette mesure reviendrait à faire peser davantage le financement du système sur les ménages et les entreprises, sans s'attaquer aux causes structurelles des déficits. Le mouvement pointe notamment les fraudes, le manque de prévention ou encore certains dysfonctionnements du système de santé comme des leviers d'action plus pertinents.

Vers une réforme de fond ?

Au-delà de ces critiques, les mutuelles appellent à une réforme de fond de la protection sociale. Elles jugent indispensable de repenser l'articulation entre l'Assurance maladie et les complémentaires santé, de redéfinir le rôle de chaque financeur et de revoir la gouvernance du système en associant l'ensemble des parties prenantes : professionnels de santé, financeurs, représentants des patients et partenaires sociaux.
Dans son appel, la Mutualité Française insiste sur la nécessité d'un véritable débat démocratique avant toute réforme. « Réformer suppose de poser un diagnostic, de débattre des options, d'associer les parties prenantes », rappelle le texte, qui dénonce des décisions prises selon une logique essentiellement comptable.
Le mouvement mutualiste annonce enfin qu'il se mobilisera au niveau national comme dans les territoires pour défendre un modèle de protection sociale qu'il considère comme un « projet de civilisation » fondé sur la solidarité et l'universalité, estimant que les évolutions en cours risquent d'accroître les inégalités d'accès aux soins.

Écrit par la Rédaction

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