Temps de lecture : 4 min
Présentée à l’issue des Assises nationales de la télémédecine, la feuille de route gouvernementale 2026-2028 marque une nouvelle étape pour le déploiement des pratiques à distance. Après l’accélération liée au Covid, l’exécutif veut désormais inscrire la télémédecine dans la durée, en l’intégrant pleinement aux parcours de soins, tout en renforçant la qualité et l’encadrement des usages.
La télémédecine en 2025 (chiffres communiqués par le ministère de la Santé)
- 14 millions de téléconsultations (17 millions en 2020, au pic du Covid)
- 270 000 télé-expertises
- Chaque mois, plus de 17 000 médecins généralistes utilisent la téléconsultation (1 médecin généraliste sur 3 )
- 60 % des téléexpertises sont rendues par des médecins libéraux, 40 % par les hôpitaux
La France, à l'instar de l'Allemagne, se distingue par un usage encore limité de la téléconsultation, laquelle ne compte que pour 3,3 % de l’ensemble des consultations, contre une moyenne de 13 % au sein de l’OCDE.
Déployer la téléexpertise...entre médecins
Il a bien été dit et écrit que la feuille de route compte « déployer massivement la téléexpertise », mais il est précisé « entre médecins généralistes et d’autres spécialités, en mobilisant notamment les établissements de santé et les équipes de soins spécialisées ». La téléexpertise pratiquée dans notre filière (entre un professionnel de santé et un ophtalmologiste) n'entre pas dans ce cadre.
La téléconsultation hors des magasins d'optique ?
Il a également été dit et écrit que cette feuille de route vise à « déployer les possibilités de téléconsultation au bénéfice des patients qui en ont le plus besoin (sans médecin traitant, dans des territoires sous-denses, ne pouvant se déplacer ou très isolées). Ceci remet-il en cause les téléconsultations réalisés dans des magasins d'optique qui sont situés dans des zones denses, comme c'est le cas dans les grandes agglomérations ?
Le gouvernement a effectivement l'intention de « limiter les dérives en encadrant davantage les lieux d’implantation des équipements de téléconsultation (sur la base des recommandations de la HAS de 2024) et en mettant en place une obligation de déclaration préalable aux ARS avec une information aux CPAM et aux CPTS ».
Or, la HAS est favorable à l'implantation de la téléconsultation dans les zones sous-denses, hors locaux commerciaux, et dans un lieu qui ne doit pas être directement accessible depuis l’espace public.
« La téléconsultation assistée sera développée dans les établissements sociaux et médico-sociaux, notamment les Ehpad », a par ailleurs déclaré la ministre Stéphanie Rist. Une déclaration qui laisse la place aux interprétations, et qui ne semble pas s'appuyer sur les protocoles expérimentaux qui ont lieu en Ehpad impliquant les opticiens puisqu'il s'agit de téléexpertise.
Lever le seuil du taux de téléconsultations...mais sur dérogations exceptionnelles
De même, beaucoup de médias ont appuyé sur l'un des rares projets concrets mentionnés dans cette feuille de route : élargir le seuil de 20% de téléconsultation maximum par médecin et par an. Au détail près qu'il concerne « des dérogations ciblées liées à la situation du médecin (retraités, remplaçants, moments de vie particuliers comme après la naissance d’un enfant) ou à certaines situations de tensions sur l’offre de soins (été/hiver par exemple) ». Cet élargissement des quotas de téléconsultation reste ciblé et prudent.
La HAS devrait clarifier les pratiques pertinentes en téléexpertise
Le ministère va « missionner les sociétés savantes afin de définir de nouvelles recommandations, sous l’égide de la HAS. Elles porteront notamment sur le développement de la téléexpertise, avec la définition de standards communs visant à harmoniser les dossiers transmis aux médecins requis par les professionnels de santé requérants ».
Vous avez la parole !
pour pouvoir poster des commentaires
Nos lecteurs ont aussi lu...
Les recommandations de la HAS sur les lieux d'implantation des cabines de téléconsultation
Publié le 06 mars 2024
La Haute Autorité de Santé publie aujourd'hui ses recommandations relatives aux lieux et aux conditions d’environnement propice à la réalisation d’une téléconsultation…
Télémédecine en optique : pour la ministre de la Santé, pas d'urgence, rendez-vous dans 2 ans
Publié le 26 janvier 2026
Ce matin a eu lieu la restitution des Assises de la télémédecine, animée notamment par la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Si les Assises avaient été décevantes pour…
Assises de la télémédecine : le rendez-vous raté de la filière optique en excluant les opticiens
Publié le 14 novembre 2025
Les Assises de la télémédecine consacrées aux filières bucco-dentaire, optique et auditive, qui avaient lieu le 14 novembre 2025 à Caen, avaient une promesse forte. Ce…
Les dernières news
L'assureur Alan s’apprête à lancer son propre réseau optique fermé, dès le 1er janvier 2027
Publié le 20 octobre 2026
Alan va ouvrir son appel à candidatures pour son réseau optique fermé du 27 octobre au 30 novembre 2026 à 18 heures. Le réseau entrera en vigueur le 1er janvier 2027. À…
Violences du 17 octobre : le gouvernement annonce un plan de soutien d'urgence pour les commerçants
Publié le 20 octobre 2026
À la suite des pillages et dégradations commis en marge des manifestations du samedi 17 octobre, le gouvernement a dévoilé lundi plusieurs mesures destinées à soutenir…
« Cash Investigation » enquête sur la hausse des cotisations des complémentaires santé
Publié le 20 octobre 2026
Pourquoi les Français paient-ils toujours plus cher leur complémentaire santé ? C'est la question à laquelle tentera de répondre le prochain numéro de Cash Investigation…