Temps de lecture : 4 min
L'anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a récemment publié une expertise sur les bénéfices et les risques pour la santé associés aux régimes végétariens.
Parmi les pathologies étudiées, la cataracte est citée à plusieurs reprises, notamment à travers deux études. Qu'en est-il ?
La première étude*, réalisée à Taïwan, a examiné les conséquences d'un régime végétarien sur le risque de développer une cataracte.
Rappelons que cette maladie de l'oeil souvent liée au vieillissement entraîne une opacification du cristallin. Elle est la cause de plus de 50 % des cas de cécité dans le monde.
Les antioxydants, facteur déterminant ?
Les aliments d'origine végétale contiennent des antioxydants qui protègent les cellules du corps, y compris celles des yeux.
Cependant, les végétariens peuvent manquer de vitamine B12 (présente surtout dans les produits d'origine animale), ce qui peut augmenter le risque de cataractes corticales**. L'objectif de l'étude était donc de vérifier si les bénéfices d'un régime végétarien l'emportent sur ce risque.
L'étude a suivi 4 436 personnes pendant environ 5,7 ans. Parmi elles, 1 341 étaient végétariennes (ne mangeant ni viande ni poisson) et 3 095 non végétariennes.
Les chercheurs ont comparé le nombre de cas de cataractes dans les deux groupes en tenant compte de facteurs comme l'âge, le sexe, le tabagisme, l'alcool, l'activité physique, et des maladies comme le diabète ou l'hypertension.
Conséquences du régime alimentaire
À l'issue de l'étude, il a été constaté que les végétariens avaient 20 % de risque en moins de développer des cataractes par rapport aux non-végétariens. Ce résultat était encore plus marqué chez les personnes en surpoids (indice de masse corporelle ≥ 24), avec une réduction de 30 % du risque.
Les végétariens consomment plus de légumes, de soja, de noix, de grains entiers et de fibres, qui sont riches en antioxydants. Ces substances protègent les cellules de l'œil contre les dommages causés par le stress oxydatif, un facteur clé dans le développement des cataractes.
A contrario, la consommation de viande, surtout lorsqu'elle est cuite à haute température, peut augmenter le stress oxydatif. Les végétariens évitent ce risque.
Les végétariens avaient également des taux de cholestérol, de glucose et de pression artérielle plus bas, ce qui peut aussi jouer un rôle dans la réduction du risque de cataractes.
Deux études, une conclusion
Bien que certains facteurs n’aient pas été pris en compte (l'exposition au soleil par exemple) et que l’étude visait principalement la population asiatique, elle corrobore une étude de 2011***, menée auprès de la population britannique
Cette dernière a examiné le lien entre le régime alimentaire et le risque de cataracte chez 27 670 participants non diabétiques âgés de 40 ans et plus, en utilisant les données de l'étude Epic-Oxford. Les résultats montrent une diminution progressive du risque de cataracte chez les grands consommateurs de viande, les petits consommateurs de viande, les consommateurs de poisson, les végétariens et les végétaliens.
Après ajustement, les végétariens et les végétaliens présentaient un risque de cataracte environ 30 % à 40 % plus faible que les grands consommateurs de viande.
In fine, ces deux études suggèrent qu'un régime végétarien pourrait réduire le risque de cataractes, surtout chez les personnes en surpoids.
Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et comprendre exactement comment les différents éléments d'un régime végétarien protègent les yeux.
*A Vegetarian Diet Is Associated with a Lower Risk of Cataract, Particularly Among Individuals with Overweight: A Prospective Study, 2020.
**La cataractes corticale est un type de cataracte qui affecte la périphérie du cristallin.
***Diet, vegetarianism, and cataract risk ; analyse menée avec les données de l'étude prospective européenne sur le cancer et la nutrition (Epic-Oxford).
Vous avez la parole !
pour pouvoir poster des commentaires
Nos lecteurs ont aussi lu...
De la théorie à la restauration de la vue : l’optogénétique couronnée du prix Nobel de Médecine 2026
Publié le 16 octobre 2026
Le prix Nobel de physiologie ou médecine 2026 a été décerné aux pionniers de l’optogénétique, Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel. Cette prestigieuse…
DMLA sèche : vers un premier traitement par voie orale
Publié le 15 octobre 2026
La DMLA sèche touche de nombreux patients pour lesquels les options thérapeutiques demeurent limitées, particulièrement aux stades initiaux de la maladie.
Santé visuelle des enfants : quand les idées reçues freinent l'action des opticiens
Publié le 30 septembre 2026
À l'approche des Journées de la Vision, prévues du 8 au 31 octobre 2026, un sondage* réalisé par Acuité pour l'AsnaV met en lumière un manque d'information sur la…
Les dernières news
Optique-lunetterie : l’accord salarial du 9 juillet 2026 étendu à toute la branche
Publié le 16 octobre 2026
L’arrêté du 12 octobre 2026 portant extension de l’accord du 9 juillet 2026 relatif aux salaires minima de la branche de l’optique-lunetterie de détail (IDCC 1431) a été…
Partenaire
ProfessionOpticien, et si vous deveniez l’accélérateur de l’accès aux soins visuels ? Osez le changement avec Lyleoo.
Publié le 16 octobre 2026
Dans des milliers de rues françaises, il existe déjà un lieu où l’on prend soin de la vue : votre magasin. Pendant que vos clients attendent des mois un rendez-vous chez…
De la théorie à la restauration de la vue : l’optogénétique couronnée du prix Nobel de Médecine 2026
Publié le 16 octobre 2026
Le prix Nobel de physiologie ou médecine 2026 a été décerné aux pionniers de l’optogénétique, Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel. Cette prestigieuse…
Ne pas manger de viande créée des carences que les protéines végétales ne peuvent combler. Il est important d'en manger de manière quantitative et qualitative adaptée pour être en bonne santé. La science le dit.
Quelle est la proportion de végétariens en surpoids ?