Longtemps perçues comme un marché de niche après l’échec retentissant des Google Glass, les lunettes connectées semblent désormais entrer dans une nouvelle phase. 
Selon le cabinet d’analyse Smart Analytics Global (SAG), l’année 2026 pourrait marquer le véritable décollage industriel du secteur, porté par l’arrivée simultanée de plusieurs géants technologiques.
D’après les estimations du cabinet, la distribution mondiale de lunettes connectées à intelligence artificielle auraient atteint 8,5 millions d’unités en 2025, soit une croissance de 330 % sur un an
Pour 2026, SAG anticipe un nouveau bond à 22 millions d’unités (+157 %), tandis que les revenus wholesale pourraient atteindre 6 milliards de dollars (+178 %). 

Google prévoit une forte pénétration du marché

Parmi les acteurs les plus attendus figure Google, qui prépare le lancement de ses lunettes sous plateforme Android XR, intégrant l'IA Gemini, et des fonctionnalités très proches des lunettes Meta. Selon SAG, Google pourrait écouler 2 millions d’unités dès 2026, alors que ni leur nom, ni leur prix, ni leur réseau de distribution n'ont encore été révélé. Un niveau qui dépasserait les débuts de Meta : les premières Ray-Ban Stories avaient mis plus de deux ans pour atteindre ce seuil avant l’accélération du marché. Depuis, le marché s'est développé et 7 millions de RB Meta auraient été vendues en 2025. En janvier 2026, l'entreprise annonçait vouloir porter la production annuelle à 20 millions d’unités d’ici la fin de l'année.

Deux segments se dessinent 

Le marché évolue aujourd’hui autour de deux grandes catégories de produits. 

  • D’un côté, les modèles « audio-only », sans affichage intégré, dominent largement les volumes grâce à des prix plus accessibles, un poids réduit et une expérience plus simple. SAG estime qu’ils représenteront encore plus de 90 % des ventes en 2026.
  • De l’autre, les lunettes HUD (Head-Up Display), intégrant un affichage dans les verres, concentrent les perspectives de croissance en valeur. Les usages progressent rapidement : notifications, navigation, assistance contextuelle ou traduction en temps réel. Pour autant, ces modèles restent confrontés à plusieurs freins : coûts élevés, autonomie limitée, contraintes industrielles et interrogations réglementaires. En Europe notamment, les questions liées au RGPD et à la captation d’images pourraient ralentir certains lancements. SAG estime ainsi que les lunettes HUD resteront minoritaires dans les prochaines années, même si leur part de marché devrait progresser progressivement. 

Un marché qui rappelle les débuts du smartphone 

Selon SAG, l’arrivée de Google et Samsung en 2026, puis probablement d’Apple à partir de 2027, va profondément restructurer le paysage concurrentiel. À terme, le cabinet imagine un marché dominé par quelques grandes marques mondiales, sur un modèle proche de celui du smartphone. Le cabinet souligne également que la distribution constituera un enjeu clé. Contrairement aux smartphones, les lunettes connectées combinent électronique, mode et équipement optique. Les consommateurs souhaitent souvent essayer les produits avant achat, ce qui renforce l’importance des réseaux physiques, qu’il s’agisse des magasins d’optique ou des enseignes d’électronique. 

Enfin, l’expérience utilisateur reste perfectible. Autonomie, encombrement, limitations applicatives ou commandes vocales encore imprécises constituent autant de points que les fabricants devront améliorer pour transformer l’intérêt technologique en adoption massive.

Écrit par la Rédaction

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