Les médecins la conservent, les infirmières l'ont perdue. "A partir de demain, les infirmières libérales ne pourront plus s'installer où elles veulent, dans les zones comme le Midi ou la Bretagne. Des aides entrent aussi en vigueur pour les inciter à travailler dans les territoires qui manquent de praticiennes", rapporte le quotidien Les Echos.
 
Jusqu'à 3 000 euros par an
 
Il s'agit d'une première dans l'histoire du système de santé français. "Pour la première fois, une profession libérale de santé exerçant des soins, accepte de limiter sa liberté d'installation afin de corriger des déséquilibres démographiques susceptibles de mettre en danger le principe d'égalité d'accès aux soins", notent nos confrères. Conclu il y a 6 mois entre les syndicats d'infirmiers libéraux et l'assurance-maladie, l'accord entre en vigueur demain : en échange d'une revalorisation des tarifs de 5,3%, l'installation des professionnels sera strictement régulée dans certains territoires.
 
"Dans les zones considérées comme 'très surdotées', une infirmière ne pourra s'installer que si une autre professionnelle cesse son activité. Elle devra apporter la preuve à la caisse primaire d'assurance-maladie qu'elle remplace un départ. Concrètement, cela reviendra à racheter la clientèle de sa collègue partante", détaille Les Echos.
 
"Dans les zones 'très sous-dotées', des mesures d'incitation à l'installation et au maintien d'activité entrent aussi en vigueur demain : l'assurance-maladie subventionnera l'équipement du cabinet, dans la limite de 3 000 euros par an pendant trois ans". La Sécurité sociale prendra aussi à sa charge une partie des cotisations d'allocations familiales, en contrepartie d'un contrat par lequel l'infirmière favorisera la vaccination contre la grippe ou le suivi des maladies chroniques.
 
Le nombre fait le chiffre
 
Actuellement, rappelle nos confrères, "les disparités de répartition des infirmiers libéraux sont particulièrement criantes. Leur densité varie de 1 à 6 selon les régions. On compte jusqu'à 330 professionnels pour 100.000 habitants dans les départements du pourtour méditerranéen, contre moins de 70 en banlieue parisienne ou dans la Marne."
 
L'assurance-maladie établit un lien entre densité professionnelle une inflation des dépenses. "Même si on tient compte des spécificités de population, il y a un lien évident entre l'offre et la demande", explique un responsable. Les remboursements de soins infirmiers augmentent plus vite que la moyenne des dépenses de santé. "Pour les infirmiers eux-mêmes, ajoute un syndicaliste, la situation dans les zones surdotées était devenue insupportable. Une concurrence exacerbée met leurs revenus sous pression et conduit parfois à des pratiques qui frisent la publicité".

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