Temps de lecture : 3 min

Comme un cri d’alarme, Daniel Delouya dénonce le système de santé actuel et « la prise de pouvoir des Ocam ». A 55 ans, cet ancien propriétaire de 3 magasins sort son premier livre intitulé « Avant j'étais opticien. Mais ça... ». Pour lui, il est temps de réagir avant qu'il ne soit trop tard. Interview...

Acuité : Pourquoi avez-vous décidé d’écrire un livre sur l’optique ?

Daniel Delouya : Ce livre s'adresse tout d’abord à mes confrères opticiens. J’aimerais qu’ils le conseillent ou le vendent à leurs clients afin de les informer sur la pratique des Ocam. Je trouve aberrant qu’ils imposent les prix.

A. : Quels thèmes abordez-vous ?

D.D. : J’explique notamment ma passion pour ce métier. Aussi, son évolution avec le rôle des mutuelles et autres organismes complémentaires. Enfin, je consacre un passage à la vente sur Internet, au rôle des médias et des politiques.

A : Quel message souhaitez-vous faire passer ?

D.D. : Le système actuel ne me convient pas. Les Ocam ont pris le pouvoir sur notre système de santé. Je ne peux plus travailler de cette manière. C’est un cri du cœur, un coup de gueule que j'exprime ! Je n’ai pas la solution, mais je souhaite informer le plus grand nombre.

A : Allez-vous envoyer des exemplaires aux politiques ?

D.D. : Oui, je compte envoyer mon livre au ministère de la Santé, notamment à Marisol Touraine, mais aussi à Benoît Hamon et à l’Elysée pour François Hollande.

A : Que faites-vous aujourd’hui ? Travaillez-vous toujours dans l’optique ?

D.D. : Je ne travaille plus en magasin, c’est terminé pour moi ! Le métier a beaucoup évolué, il est beaucoup plus commercial que technique. En agissant de cette manière, les opticiens vont devenir des marchands de lunettes. C'est ce que je regrette. Il y a encore quelques années, j'exerçais cette profession avec plaisir et passion. Je prenais le temps de conseiller les clients et j'aimais faire toutes les petites réparations comme les soudures. Aujourd'hui, tout cela est fini. 

Outre l’écriture de mon livre qui m’a pris beaucoup de temps, je me dirige vers du conseil ou de la prévention en optique. Je souhaiterais organiser des conférences sur la prévention.

Écrit par la Rédaction

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Emmanuelle Demangeat lun 16/03/2015 - 11:14

Nous sommes malheureusement responsables de ce qu'est devenu notre métier, et de la place prise par les mutuelles. Nombre de professionnels de Santé ont refusé d'entrer dans la danse, dans cette boucle sans fin. Rien ne nous obligeait à faire le tiers-payant, à signer des partenariats.. Les mutuelles ne nous imposaient rien. Certes le milieu est devenu très concurrentiel, mais fallait-il vraiment signé des accords, des partenariats pour s'en sortir ? Oui, pour les opticiens de la génération de M. DELOUYA, il était encore temps de se précipiter dans les bras des mutuelles, de baisser un peu ses marges certes, mais de faire du volume, pour gonfler son chiffre d'affaires avant de raccrocher...
Tous se sont précipités pour avoir le maximum d'agréments, tous ont accouru pour voir leurs tarifs plafonnés. Il ne fallait pas être bien malin pour ne pas voir se dessiner l'avenir : aujourd'hui la majorité d'entre nous a lâché prise, dans le milieu très concurrentiel de l'optique il est dur de survivre sans proposer le service du tiers-payant, et encore moins quand votre client est mieux remboursé en allant voir votre concurrent qui a largement baissé son pantalon devant les diverses Ocam. Les mutuelles ont gagné. "Diviser pour mieux régner...". Ce n'est pas très glorieux. Il fallait se serrer les coudes il y a quinze ans.

Hier les médecins étaient dans la rue. Pouvons-nous encore faire marche arrière ? Accepter les réseaux mutualistes revient à devenir des vendeurs, de simples marchands de lunettes. Les opticiens qualitatifs devraient être au-dessus de tout ça, nous n'avions pas à devenir tous "opticiens mutualistes".

Je suis opticienne, j'ai moins de trente ans, et je ne vois pas l'avenir d'un très bon œil.

Yannick Tassel jeu 12/03/2015 - 15:41

Avec la légalisation des magasins "internet" , "l'encoquinage" en route des mutuelles avec ces réseaux virtuels : comment justifier de la validation d'une ordonnance par un professionnel ? Aujourd'hui c'est évident, les grandes chaines peuvent se passer du nombre d'opticiens requis , dès lors qu'une ordonnance peut être validée par internet .
Que dire de l'imbécilité de la loi de 2007 ! Compétences des orthoptistes étendues pour le grand bonheur des ophtalmos qui trouvent là " des secrétaires " améliorés et subordonnés . Il fallait être cinglé en tant qu'opticien de signer un tel accord , sous prétexte de pouvoir faire "joujou" avec des ordonnances de moins de 3 ans . ( inférieur au renouvellement moyen d'un équipement ) malins les ophtalmos et excellents commerçants aussi !!!

Jean-Christophe Caujolle jeu 12/03/2015 - 14:35

....jusqu'ici tout va bien....

Olivier Hue jeu 12/03/2015 - 13:29

Je partage malheureusement votre opinion, il faudrait revoir notre profession dès l'origine. l'état à autorisé la multiplication des écoles privées produisant des quotas annuels bien supérieurs au renouvellement naturel. Par ailleurs pourquoi n'appliquons nous pas la politique d'un opticien, un magasin. Les enseignes font tout pour favoriser le multi-magasin favorisant la dérive de notre profession. Je suis opticien par vocation et passionné par mon métier. Quand on analyse le maillage des magasins d'optiques par les réseaux ouverts ou fermés on s'aperçoit que majoritairement ce sont des opticiens sous enseigne. Où est la place de l'opticien indépendant? Toutes ces magouilles politico-commerciales ont finis par avoir raison de mon engagement pour ce métier, le mois prochain mon magasin sera vendu et je pense tourner la page définitivement.

Daniel Delouya ven 13/03/2015 - 14:11

En réponse à Yannick Tassel, merci beaucoup pour votre commentaire, sachez que vous pouvez commander le livre en envoyant directement un mail à l'éditeur :
******

Yannick Tassel mer 11/03/2015 - 19:11

Moi aussi " j'étais opticien " même si je le resterai par passion toujours .
Comment est-ce possible avec un diplome national ( qui devrait donc permettre d'exercer auprès de tous les clients , leur laisser le choix de la compétence , des prix , de l'accueil , etc .. )d'accepter cette segmentation par les réseaux fermés ? Que dire de ces surfacturations de verriers et fournisseurs + 50% qui entretiennent les centrales et autres groupements ? Que penser de ces réseaux dits indépendants qui sont des sociétés privées ( LUZ, ALLIANCE etc ... ) qui jouent avec les opticiens de base ?

Yannick Tassel mer 11/03/2015 - 21:03

LE COMMENTAIRE de MICHEL DEBLAIS , très pertinent . Il est vrai que plusieurs de nos interlocuteurs près des pouvoirs publics seraient bien incapables de faire la différence entre réfraction et ACUITE ! ( ... C'est du vécu ) : mais ils peuvent vous parler management , objectifs , adn de l'enseigne ADN le mot génial , prémium encore un mot fantastique !!!

Michel Deblais mer 11/03/2015 - 16:14

Il est trop vrai que les OCAM se sont attribué un pouvoir exorbitant dans nos magasins et bientôt, avec la future loi santé de Mme TOURAINE sur l'ensemble du système de santé. Prions pour que les médecins de cédent pas à l'application du TP pour tous, car alors les OCAM auront aussi la main mise sur la ******'où ira la ploutocratie?
Mais, comme le suggère le titre du livre de Mr DELOUYA, il ne faut pas non plus exonérer l'ensemble des enseignes et coopératives pour le rôle néfaste qu'elles ont tenu pendant des années et encore de nos jours dans cette triste évolution.A vouloir à n'importe quel prix obtenir l'égémonie sinon le monopole, elles ont bradé notre métier et ses valeurs pour servir leurs propres intérets.N'oublions pas que les enseignes et coopératives sont des structures sangsues ,qui vivent sur le dos et de l'activité des opticiens. Elles s'octroient même le droit de parler au nom des opticiens et de créer un syndicat d'opticiens sans aucun opticiens dans son conseil d'administration .
Serions nous les aveugles du fameux pays des borgnes? Pour l'heure nous sommes les vrais couillons

Marie Dullile jeu 12/03/2015 - 15:06

Nous pouvons nous passer des mutuelles et de leurs agrements! J'espere que mon exemple aidera les sceptiques:
- Mon magasin (indépendant) est dans une ville de 3900 habitants (campagne) sans concurences, le plus proche un GO à 2 km et 7 indepandants et 1 AA dans les 10km autours. Aucun ophtalmologiste dans ma ville, les plus proches sont à 7km dans une ville de 8000 Hab et un autre à 10km dans une ville de 7000 Hab un peu plus loin.
- J'ai une employé.
- Je ne travaille ni Luxottica, ni Safilo, ni Derigo, le plus gros lunetier doit être Marius Morel et la marque la plus connu du grand publique doit être Lafont; je fais à 70% "Made in france" (je ne compte bien-sur pas Morel dedans).
- Je ne fais partie d'aucuns reseaux, je ne fais le TP qu'avec ceux avec lesquelles je ne signe pas de tarifs.
- Autour de moi ils sont tous agrée Groupama, Santéclair, Itelis et j'en passe...
- J'ai une concretisation de mes devis à 95% et un panier moyen bien superieur à la moyenne. Et j'en vie sans problémes!

Je ne pense pas être un surhomme, ni être superieurs à mes confréres mais je n'ai pas peur des mutuelles et je connais mes produits. Je suis jeune (30ans) et je suis né (optiquement) avec les réseaux, je ne suis pas encore blasé de mon métier. Ayez confiance dans ce que vous vendez, le metiers n'est pas mort on peut encore avoir du plaisir à vendre et avoir des clients qui viennent grâce à votre reputations et non pas parceque la mutuelle leur a donné votre adresse!
Courage, les reseaux n'existe que grâce (/à cause) de nous! Sans nous pas de réseau, pas de réseau pas d'emm***e!

Yannick Tassel mer 11/03/2015 - 21:08

J'ai du mal à vous suivre . Je partage votre avis, mais relisez votre commentaire et donnez lui encore plus de crédit(s), en vous corrigeant des fautes incroyables de rédaction qui jalonnent vos propos.

Yannick Tassel mer 11/03/2015 - 13:23

Félicitations à vous pour cet essai littéraire . Je suis curieux de vous lire , précisez nous comment pouvoir acquérir votre livre. A priori , nous avons suivi un peu le même parcours . En 1999 j'ai postulé auprès de GROUPAMA pour faire partie de leur réseau , celà fait 15 ans que le magasin est sur leur liste d'attente ! Mais à l'époque nous étions privilégiés d'être sur liste d'attente !!!!!!!!!! Disaient-ils ........................

Rene Smektala mer 18/03/2015 - 12:41

Bravo Daniel d'avoir tenu jusqu'à 55 ans. Pour ma part j'ai vendu mes 3 magasins à 44 ans , mais c'était il y a 12 ans ! j'avais vu ce métier passionnant (à l'époque) changer en 20 ans de pratique et je prévoyais que çà allait empirer , mais arriver là où l'on en est aujourd'hui , çà , jamais je n'aurais pu l'imaginer!
Les opticiens de notre âge sont passés du paradis à l'enfer.
Je souhaite beaucoup de courage à tous les jeunes.

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