Temps de lecture : 2 min
Annoncée à l’automne, la mission sur l’articulation entre Assurance Maladie obligatoire (AMO) et complémentaires santé est officiellement lancée. En pleine tension budgétaire, marquée par le gel contesté des tarifs des complémentaires et une situation financière jugée « nettement dégradée », le gouvernement confie à quatre experts* le soin de réfléchir à une possible réforme structurelle du système de remboursement des soins.
Dans un courrier daté du 21 janvier, les ministres de la Santé, de l’Économie et des Comptes publics leur demandent d’étudier la « faisabilité et la pertinence » d’évolutions à court, moyen et long terme. Objectifs affichés : contribuer à la soutenabilité du financement de la santé, améliorer la lisibilité du système et renforcer la protection des assurés.
Le constat est largement partagé : déficits sociaux en forte hausse, vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques et empilement de dispositifs ont rendu le partage des rôles entre Sécu et mutuelles de plus en plus illisible. Même les professionnels peinent parfois à savoir qui rembourse quoi.
Parmi les pistes de travail figure un possible plafonnement des restes à charge, avec une prise en charge intégrale par l’Assurance Maladie au-delà d’un certain seuil. Les experts devront également se pencher sur l’avenir du dispositif « 100 % santé », qui concerne directement l’optique, le dentaire et l’audio, ainsi que sur les contrats responsables ou la fiscalité des complémentaires.
Les 4 experts disposent de six mois pour formuler des propositions opérationnelles. Dans un contexte politique incertain et sans majorité claire à l’Assemblée, leurs travaux pourraient surtout nourrir les débats à venir… notamment ceux de la présidentielle.
La réforme du 100% Santé, une rumeur qui avait déjà été évoquée à plusieurs reprises par le gouvernement.
*L'équipe des 4 experts est constituée de : Elisabeth Hubert (ministre de la Santé en 1995, actuelle présidente de la Fédération des établissements d'hospitalisation à domicile), Franck von Lennep (ancien directeur de la Sécurité sociale, conseiller maître à la Cour des comptes), Stéphane Junique (président du groupe mutualiste VYV), et Nicolas Bouzou (économiste libéral, fondateur du cabinet Asterès).
Vous avez la parole !
pour pouvoir poster des commentaires
Nos lecteurs ont aussi lu...
Le 100% Santé va évoluer en 2025, annonce le gouvernement
Publié le 10 mars 2025
Alors que l'évolution du 100% Santé est au point mort depuis bientôt 2 ans, le gouvernement a profité d'une question du 8 octobre 2024 formulée par le député Christophe…
Leonardo Maria Del Vecchio quitte ses fonctions exécutives chez EssilorLuxottica
Publié le 25 août 2026
Leonardo Maria Del Vecchio, fils et héritier du fondateur du géant de l'optique EssilorLuxottica, abandonne ses fonctions dirigeantes au sein du groupe. L'annonce a été…
Lunettes connectées : Meta et ses distributeurs visés par une plainte pénale en Allemagne
Publié le 17 août 2026
La question de la vie privée continue de rattraper les lunettes connectées. En Allemagne, l'ONG HateAid a déposé, le 12 août, une plainte pénale visant Meta,…
Les dernières news
Leonardo Maria Del Vecchio quitte ses fonctions exécutives chez EssilorLuxottica
Publié le 25 août 2026
Leonardo Maria Del Vecchio, fils et héritier du fondateur du géant de l'optique EssilorLuxottica, abandonne ses fonctions dirigeantes au sein du groupe. L'annonce a été…
Avec ce décret, l’Assurance maladie passe une partie de la facture optique aux complémentaires
Publié le 24 août 2026
Un décret publié au Journal Officiel le 22 août 2026 modifie, à compter du 1er janvier 2027, la répartition de la prise en charge de nombreux dispositifs médicaux entre…
Apple envisage d'intégrer des fonctionnalités de santé et de sport dans ses futures lunettes connectées
Publié le 24 août 2026
Apple explore l'intégration de capteurs de suivi biologique et postural dans son futur équipement optique connecté. Déjà envisagée puis abandonnée sur le casque Vision…
C'est toujours avec un art quasi trollesque que sont choisis les 'experts' dans ce genre de commissions... (pas un acteur des secteurs concernés par le 100% santé — pas un opticien, un verrier, un dentiste, prothésiste dentaire, ORL ou audioprothésiste...)
Et puis, en terme de décisions collégiales, excusez moi, mais 4 experts, c'est pas ce que j'appelle une task force, hein, c'est un attroupement autour d'une machine à café...
Un plafonnement des restes à charge sachant que le coût de la santé ne cesse d'augmenter c'est placer tous les professionnels de santé entre un marteau et une enclume. Le soucis c'est que tout le monde essaye de profiter, la cupidité et le profit atteignent des sommets dans tous les domaines, que ce soit à petite ou grande échelle. Et j'avoue que je ne sais pas bien comment on va pouvoir sortir de tout ça car on ne peut pas faire société si tout le monde essaye de tirer la couverture à soi. C'est le total bazar et il faudrait sans doute tout repenser et mettre à plat. Ou alors laisser les gens choisir leurs soins et le reste à charge associé. Mais dans un contexte de pouvoir d'achat tendu, la baisse des remboursements des mutuelles qui augmentent de l'autre côté leurs cotisations c'est assez malvenu.
Peut être faudrait-il commencer par supprimer la mutuelle d'entreprise obligatoire. Car censée aider les gens cette réforme s'est plutôt retournée contre eux. Avant les gens avaient des contrats privés avec des mutuelles et étaient bien remboursés. Mais avec cette réforme, les contrats d'entreprise ont remplacé les contrats privés d'antan. Mais comme les entreprises sont des organismes à but lucratif, elles ont bien sur cherché à payer la mutuelle la moins chère possible à leurs salariés, afin que cette réforme leur coûte le moins d'argent possible. Les citoyens se sont donc retrouvés du jour au lendemain avec des nouvelles mutuelles dont les garanties étaient 2 fois inférieures à ce qu'ils avaient avant et avec un reste à charge qui a explosé.
Peut être faudrait-il donc revenir au système où les gens choisissent eux mêmes leur mutuelle, car visiblement le système financé par les entreprises ne marche pas puisque les garanties et les soins des français se sont dégradés. Et puis interdire les fraudeurs d'exercer aussi, qu'il y ait de vraies conséquences à la fraude afin d'assainir le milieu. Même si bien évidemment ce ne sera qu'un début car c'est toute la santé qui est en crise en réalité.
et je ne doute absoluement pas que les débats soient totalement objectifs, surtout de la part de M. Stéphane Junique, président du groupe VYV...