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Selon les dernières données du cabinet Altares, le nombre global de défaillances d'entreprises amorce une stabilisation à l'échelle nationale au troisième trimestre 2026 (+0,5 %). En revanche, notre secteur, dépositaire des arbitrages budgétaires des ménages, reste exposé à la fragilité financière ambiante et accuse une nette dégradation.

Un grand écart entre la tendance nationale et l'optique

À l'échelle interprofessionnelle, le panorama général montre des signes d'accalmie. Avec 14 652 procédures ouvertes entre le 1er juillet et le 30 septembre 2026, le total national des défaillances est quasi stabilisé (+0,5 % par rapport au T3 2025), un rythme inédit depuis la fin de la période Covid. La baisse des liquidations directes et la résilience des activités B2B contribuent à cette modération.

À l'inverse, le secteur de l'optique enregistre une hausse de 29,4 % des procédures collectives sur la même période, avec 44 commerces concernés contre 34 un an plus tôt. Si l'on se concentre strictement sur les défaillances (redressements et liquidations judiciaires), 42 commerces ont été touchés entre juillet et septembre 2026, contre 32 au troisième trimestre 2025, soit une progression de 31,3 %.

Vulnérabilité des petites structures

Cette divergence s'explique par les tensions qui pèsent spécifiquement sur le B2C et les commerces de proximité. Soumis aux contraintes de pouvoir d'achat des ménages et à l'élévation des coûts fixes (loyers commerciaux, charges de personnel), les points de vente d'optique, souvent constitués de petites structures, voient leurs marges s'éroder.

Au sein du secteur d'optique :

  • Les redressements judiciaires (RJ) ont doublé, passant de 8 cas au T3 2025 à 16 cas au T3 2026, traduisant une augmentation des cessations de paiements nécessitant un placement sous protection judiciaire.
  • Les liquidations judiciaires (LJ) progressent plus modérément, s'établissant à 26 cas contre 24 un an plus tôt. Elles représentent toujours plus de 60 % des procédures du secteur.
  • Les procédures de sauvegarde (S) demeurent très minoritaires avec 2 cas enregistrés au T3 2026, à l'identique du T3 2025.

Sur les neuf premiers mois de l'année 2026, le secteur totalise déjà 120 défaillances (RJ + LJ) et frôle déjà en 9 mois les bilans annuels de 2023 (124) et 2024 (122). Le niveau se rapproche de l'année 2025 (148) et pourrait bien le dépasser si la tendance se confirme au 4e trimestre.

Cette courbe des défaillances regroupent les redressements judiciaires (RJ) et les liquidations judiciaires (LJ) enregistrés chaque trimestre dans le secteur de l’optique depuis le 1er trimestre 2023. Après une relative stabilisation en 2023-2024, elles repartent nettement à la hausse en 2025 et se maintiennent à un niveau élevé en 2026.

Éclairage régional

À l'image du territoire national où plusieurs régions basculent dans le vert tandis que d'autres restent sous pression, les liquidations judiciaires d'opticiens révèlent des réalités territoriales nuancées au T3 2026 :

  • L'Occitanie enregistre la plus forte concentration de liquidations dans l'optique ce trimestre avec 7 cas (contre 3 au T3 2025).
  • L'Auvergne-Rhône-Alpes et l'Île-de-France comptabilisent chacune 4 liquidations judiciaires (contre respectivement 4 et 8 au T3 2025).
  • La majorité des autres régions maintient un nombre de liquidations faible ou nul sur la période.

Dans un communiqué, Thierry Millon, directeur des études Altares explique : « Ce 3ème trimestre est encore lourd : proche de 14 700 défaillances dont 7 100 sur le seul mois de septembre qui signe un nouveau record. Pourtant, le rythme de hausse ralentit fortement (+0,5%) et plusieurs activités et territoires basculent déjà dans le vert. L’emballement des défaillances semble donc passé mais des préoccupations demeurent notamment pour les secteurs dépendant des arbitrages budgétaires des ménages. La sinistralité s’affole encore dans l’hôtellerie restauration, les services et commerces de proximité. En particulier, les entreprises les plus jeunes et les plus petites restent les plus exposées, signe que les structures financières demeurent fragiles.

Depuis le début de l’année, 52 700 entreprises ont défailli et encore près de 19 000 sont redoutées sur les trois derniers mois de l’année. La question porte donc désormais moins sur le niveau des défaillances attendu que sur la capacité des entreprises à pouvoir restaurer durablement leurs marges et leurs fonds propres et ainsi retrouver leur potentiel d'investissement. Le pic des défaillances est peut-être derrière mais pas celui de la fragilité financière des entreprises ; la route vers un véritable redressement de l’économie est encore longue ».

Écrit par la Rédaction

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