Complémentaires santé, low-cost, Internet... : Xavier Fontanet, président d'Essilor, a abordé hier soir à Paris les grands enjeux du secteur, en présence de 300 opticiens et ophtalmologistes. Interviewé par la journaliste Annette Burgdorf, le dirigeant intervenait dans le cadre de son road-show de présentation de son livre, « Si on faisait confiance aux entrepreneurs ».

« Il faut dialoguer avec les Ocam »

Xavier Fontanet estime que les complémentaires santé sont un « bienfait pour notre profession », et que « la petite minorité d'opticiens qui s'est mal comportée ne doit pas abîmer la majorité » de la profession. Afin d'éviter un schéma similaire à celui des Etats-Unis, « où certains Ocam, pour contrôler le marché, achètent des magasins, voire des fabricants », le président d'Essilor affirme qu'il « faut regagner la confiance des complémentaires santé » : « il doit y avoir un mouvement des opticiens. Les grandes chaînes, centrales, doivent aller les voir, dialoguer. Essilor est prêt à jouer avec vous pour vous aider à leur expliquer l'importance des produits optiques et l'aspect fondamental de la vision ».

« Monter un système intelligent avec Internet »

Xavier Fontanet croit peu au développement de la vente d'équipements complets sur le web en France, "qui représentera "des cacahuètes". Il estime en revanche qu' « Internet rentrera forcément sur le marché, de manière hybride ». Le président d'Essilor imagine ainsi des dispositifs intégrés au point de vente. « Il y a 40 000 montures « vivantes » dans le monde mais un magasin moyen ne peut en exposer que 200. On peut donc envisager par exemple une borne, dans le magasin, sur laquelle le client peut essayer une multitude de montures, et commande celle de son choix à l'opticien. Essilor a le savoir-faire pour créer un tel système, appuyez-vous sur nous », a-t-il assuré.

Créer de la valeur pour barrer la route au low-cost

Xavier Fontanet affirme également que le développement du low-cost est loin d'être une évidence. « Dans les pays émergents, la tendance est clairement celle de la montée en gamme. En temps de crise, les porteurs ne baissent pas de gamme mais préfèrent reporter leur achat. Ca restera le cas si on a des commerciaux et des opticiens courageux, qui expliquent aux clients qu'un verre ophtalmique, ça fait partie de soi, que c'est la première chose qu'on met le matin et la dernière qu'on quitte le soir », convainc le président d'Essilor.


Xavier Fontanet, président d'Essilor, interviewé hier soir par la journaliste Annette Burgdorf, lors de l'étape Paris Ouest de son road-show.

Écrit par la Rédaction

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