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Lundi 1er juin, le tribunal correctionnel de Pau a jugé en comparution immédiate un jeune homme de 21 ans pour des faits de jet de saucisson sur un policier, survenus dans la nuit du 30 au 31 mai, après la victoire du PSG face à Arsenal.

Le tir cadré d'un saucisson à l'ail dans l'oeil

Devant le tribunal, il explique être descendu de chez lui après le match et s'être retrouvé au milieu de la foule. Selon les éléments du dossier, alors qu'il était poursuivi par un policier rue Pasteur, il a lancé derrière lui l'objet qu'il tenait à la main : un saucisson à l'ail. Le projectile a atteint le fonctionnaire à l'œil. L'agent, légèrement blessé, a obtenu un jour d'incapacité totale de travail (ITT), sans séquelles constatées 48 heures plus tard. 

À la barre, le jeune homme reconnaît le geste mais conteste toute intention de viser le policier. « Je n'avais pas l'intention de le jeter sur lui, je m'en suis débarrassé pour avoir les mains libres », affirme-t-il d'une voix hésitante. Interrogé sur la présence de ce saucisson en pleine émeute, il répond simplement : « J'avais faim, je n'avais pas mangé depuis midi. » Une explication qui n'a guère convaincu la magistrate du parquet. 

« Que faisiez-vous avec un saucisson à ce moment-là ? », demande la magistrate au prévenu

« Vous êtes resté deux heures au milieu des affrontements. Si vous vouliez partir, vous auriez très bien pu manger votre saucisson chez vous. » Face à un prévenu décrit comme particulièrement nerveux et tremblant durant l'audience, la représentante du ministère public s'est montrée sévère : « Vous pouvez être tremblotant devant cette barre, votre main n'a pas tremblé quand vous avez lancé le saucisson sur le policier. Vous auriez eu un caillou à la place du saucisson dans les mains, qu'auriez-vous fait ? » « Je ne sais pas », répond timidement le jeune homme. « J'ai ma réponse », conclut alors la magistrate, qui avait requis douze mois d'emprisonnement avec mandat de dépôt.

La défense a, de son côté, souligné les zones d'ombre du dossier. L'avocat du prévenu a rappelé qu'aucune caméra de vidéosurveillance n'avait filmé le jet de saucisson ni la course-poursuite, tandis que les images de la caméra-piéton du policier n'avaient pas pu être exploitées dans les délais. « On est parole contre parole », a-t-il plaidé, contestant le caractère intentionnel du geste. Le policier victime a lui-même reconnu devant le tribunal ne pas avoir « formellement vu » le jeune homme jeter d'autres projectiles au cours de la soirée. Il a toutefois expliqué l'avoir identifié au sein du groupe impliqué dans les violences. 

Une addition salée

Avant le délibéré, le prévenu s'est tourné vers le fonctionnaire pour lui présenter ses excuses. Les deux hommes ont même échangé quelques mots à l'issue de l'audience. Au final, ce jeune homme de 21 ans, jusqu'alors inconnu de la justice, a été condamné à quatre mois d'emprisonnement ferme, une peine aménageable sous bracelet électronique, ainsi qu'au versement de 600 euros de dommages et intérêts au policier blessé.

Écrit par la Rédaction

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