Nouveau sursis pour l'Ordre National des Infirmiers (ONI) qui a annoncé, jeudi 1er septembre, que la Banque populaire-Caisses d'Epargne (BPCE), son principal financier, lui a maintenu son soutien. Rappelons qu'il y a un mois environ, l'instance en fâcheuse posture s'était déclarée en cessation de paiement suite à l'abandon de son principal créditeur, la Bred, qui lui a refusé des financements supplémentaires. Selon le Figaro, l'Ordre affiche, après seulement 3 ans d'existence, un déficit de 7,8 millions de dettes. Une situation unique dans l'histoire des instances ordinales notamment due aux réticences de la profession et de ses syndicats. En effet, comme nous vous l'indiquions dans une news du 29 juillet dernier, alors que l'inscription était censée être obligatoire pour exercer, seuls 25% des infirmiers(ères) auraient adhéré (selon les chiffres annoncés par l'ONI), alors même que le prix de la cotisation est passé, en mars dernier, de 75 à 30 euros pour les salariés. Un contexte qui n'est pas pour encourager la création d'un Ordre des Opticiens, qui ne semble pas prêt de voir le jour.

Un plan de restructuration draconien

Si la BPCE a finalement accordé un sursis financier supplémentaire à l'ONI, celui-ci doit présenter au vote du Conseil national un plan de restructuration draconien d'ici le 13 septembre prochain. C'est à son président par intérim, Didier Borniche, que l'Ordre doit ce « petit miracle ». Tout l'été, il s'est employé à maitriser « l'hémorragie budgétaire » en prenant des mesures radicales : fin des dépenses jugées « non indispensables », demandes de délais pour les loyers de certains locaux... Enfin, l'ONI a demandé aux ARS d'appuyer auprès des établissements de santé concernés les relances d'appel à cotisation pour les infirmiers inscrits à l'Ordre. Ils sont 4 500 à s'en être acquittés en trois semaines, ce qui a permis « d'engager le redressement financier de l'institution. »

Une cotisation obligatoire ?

Suite à ces rebondissements, l'ONI rappelle le caractère obligatoire de la cotisation, selon la loi. Cependant, cet été, Xavier Bertrand a plaidé à plusieurs reprises en faveur d'une « cotisation ordinale facultative » pour les infirmiers salariés. À ce titre, l'Ordre appelle au soutien de ses partenaires, « au premier rang duquel figure le ministère de la Santé ». L'institution a déjà reçu l'appui des Ordres de médecins, pharmaciens, sages-femmes et chirurgiens-dentistes, qui se sont unis autour d'un communiqué. Un « comité de défense et de soutien de l'Ordre des Infirmiers », sous la forme d'une association de loi 1901, a été créé et le Sniil - syndicat d'infirmiers libéraux - a réaffirmé son «soutien indéfectible ».
Écrit par la Rédaction

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