Nicolas Sarkozy a imposé jeudi 11 décembre à sa majorité que l'examen du texte controversé sur l'extension du travail dominical commence à l'Assemblée avant Noël, décision encore conditionnée à l'achèvement des débats acharnés sur l'audiovisuel.
 
Le chef de l'État a décidé, lors du petit-déjeuner des responsables de la majorité à l'Élysée, que l'Assemblée entamerait dès mardi la discussion de la proposition de loi du député UMP Richard Mallié.
Du coup, le projet Boutin sur le logement est reporté au mieux à janvier 2009.
 
Initialement programmé le 11 décembre, le texte sur le travail le dimanche avait été reporté sine die, en raison de la guérilla de la gauche sur l'audiovisuel, qui a chamboulé le calendrier.
Selon plusieurs sources, ces débats audiovisuels devraient prendre fin vendredi soir ou au plus tard samedi, pour un vote solennel programmé mardi.
 
La gauche qui peut déjà se targuer d'une victoire symbolique - elle a empêché le vote du texte avant la fin 2008 - ne veut pas que la majorité utilise son offensive pour cacher ses profondes divisions sur le travail dominical et lui imputer la responsabilité du report du débat.
Pour Nicolas Sarkozy, il s'agit de ne pas battre en retraite. "Le président ne souhaite pas qu'on donne l'impression de reculer et d'ajourner définitivement le texte", a résumé un participant à la réunion de jeudi à l'Élysée.
 
"Sarkozy a dit, l'UMP obéit", a ironisé Martine Billard (Verts). "Cette obsession du président est totale. Il en fait une affaire personnelle alors que, nous la gauche, nous en faisons un choix de société", a renchéri le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault.
 
Concrètement, la discussion sera symbolique: les députés entameront mardi le texte Mallié -discussion générale et motions de procédure de la gauche- mais en resteront là, articles et amendements étant reportés à la rentrée, selon l'engagement pris jeudi par le chef de l'État.
Ce dernier avait déjà annoncé la couleur mercredi en recevant l'ensemble des députés UMP à l'Elysée. "Il y a une possibilité de libéraliser le travail du dimanche et je le ferai (...) Je suis social quand je fais le RSA mais je suis aussi libéral", avait-il prévenu.
 
Pour ménager les susceptibilités, il recevra, en principe lundi, des députés UMP opposés à toute libéralisation du travail du dimanche. Une soixantaine d'entre eux ont récemment publié deux tribunes dans la presse, un geste "pas très malin", selon le chef de l'État.
L'un d'eux, Philippe Gosselin, a jugé "dommage" que Nicolas Sarkozy ait choisi de "scinder le texte". "Nous nous adapterons mais, autour de moi, la détermination n'est pas retombée" contre le texte, a-t-il prévenu.
Preuve que l'affaire n'est pas entendue dans la majorité, notamment au Sénat où des élus UMP grondent, le président de la Haute assemblée, Gérard Larcher (UMP), spécialiste des questions sociales, a lancé un avertissement.
 
Tout en appelant à "dédramatiser" le débat, il a déclaré jeudi n'être "pas certain" que le texte Mallié "réponde à toutes les questions", notamment en termes de "protection et de droit du travail".
Ce texte vise à autoriser, sous certaines conditions, l'ouverture des magasins le dimanche dans les zones touristiques et les agglomérations de plus d'un million d'habitants (Paris, Lyon, Marseille, Lille).
 
 
Source : AFP

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