Temps de lecture : 4 min
Vous avez été plusieurs à nous poser des questions sur la vente des assistants d’écoute en magasin d’optique. Est-elle autorisée ? Sous quelles conditions ? Acuite.fr a posé vos questions à la Direction générale de la Santé (DGS), qui dépend du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des Femmes. En l’état actuel de la législation, voici ses réponses...
Quelle réglementation ?
« Le Code de la Santé Publique (CSP) définit le monopole réciproque de l'audioprothésiste et de l'opticien en réservant pour chacun d'entre eux la vente de dispositifs médicaux spécifiques (audioprothèses, lunettes, lentilles). Pour autant ce monopole ne les empêche pas de vendre d'autres produits. Aussi les assistants d'écoute, s'ils relèvent de la réglementation des dispositifs médicaux et s’ils sont préréglés d'une puissance maximale de 20 décibels, ne ressortent pas du monopole de l'audioprothésiste. Ils peuvent donc être vendus par les opticiens. Il en est de même pour les assistants d’écoute qui ne relèvent pas de la réglementation des dispositifs médicaux ».
Pour savoir faire la différence entre un assistant d'écoute considéré dispositif médical ou non, la DGS vous renvoie à la définition donné par l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Ainsi, si le produit est effectivement destiné à être utilisé chez les personnes malentendantes afin de compenser une déficience auditive, au vu des informations figurant sur la notice d’instruction ou les matériels promotionnels, il répond à la définition du dispositif médical ».
« En revanche, si le produit est un amplificateur de sons qui n’est pas destiné à des personnes malentendantes, il ne relève pas de la définition du dispositif médical au regard des articles L.5211-1 et R.5211-1 du code de la santé publique. Dans ce cas, il ne doit exister aucune ambiguïté sur la notice d’instruction ou les matériels promotionnels laissant entendre que cet appareil est destiné à des personnes malentendantes », explique l’ANSM.
L’Unsaf tire la sonnette d’alarme
« Attention toutefois, ces appareils peuvent représenter une perte de chance pour les patients car ils ont un bénéfice limité, alerte Luis Godinho, président de l’Unsaf (Syndicat national des audioprothésistes de France). Les patients peuvent se retourner contre les professionnels de santé. Ce ne sont pas des loupes, mais des dispositifs qui s’inscrivent pleinement dans la santé avec un impact sanitaire lourd ».
Selon une étude sur la prise en charge des appareils auditifs, publiée par l’organisation professionnelle en septembre dernier, il s’agit de mettre en parallèle le taux de satisfaction des personnes malentendantes équipées avec le manque de régulation publique quant à la délivrance des appareils auditifs. Cela favoriserait une forte présence de produits très bas de gamme délivrés. Par exemple au Japon, seulement 36% des porteurs d’aides auditives sont satisfaits de leur équipement. Un chiffre à mettre en perspective avec « 18% des utilisateurs qui ont acquis les appareils auditifs dans un magasin d'optique ; 14% par achat par correspondance ou sur Internet ». « Cela montre que les services de santé auditive « non professionnels » induisent un taux de satisfaction du consommateur plus bas », commente Søren Hougaard, secrétaire général de l’Ehima dans cette enquête.
« En matière de déficience auditive sans un diagnostic médicale et sans un accompagnement personnalisé réalisé par un professionnel, force est de constater qu’il n’y a ni efficience ni satisfaction, insiste Luis Godinho. Une donnée inquiétante quand on sait que la perte d’audition est étroitement liées au sur-déclin cognitif ».
Vous avez la parole !
pour pouvoir poster des commentaires
Nos lecteurs ont aussi lu...
[Sondage] Votre chiffre d’affaires d'août 2026 par rapport à août 2025
Publié le 01 septembre 2026
Après un début d'année 2026 incertain et une dynamique contrastée qui a vu un mois de mai dans le rouge (-8,0 %), une embellie en juin (+2,2 %) et un léger repli en…
Facturation électronique, arrêts maladie, retraites... Ce qui change au 1er septembre 2026
Publié le 27 août 2026
Le 1er septembre 2026 marque l'entrée en vigueur de plusieurs mesures législatives, réglementaires et fiscales en France. Qu'il s'agisse de la gestion des entreprises,…
Chiffre d'affaires de juillet 2026 : les magasins d'optique repassent légèrement dans le rouge
Publié le 20 août 2026
Après le rebond enregistré en juin (+2,2 %), l'activité des magasins d'optique marque de nouveau le pas en juillet 2026. Le chiffre d'affaires recule de 0,9 % par…
Les dernières news
Fin de la pub en optique : ce qu'en pensent les usagers
Publié le 11 septembre 2026
Alors que le projet de suppression de la dérogation permettant la publicité en optique et en audioprothèse suscite de vives réactions dans la filière, France Assos Santé…
Plusieurs enseignes réagissent à l'interdiction de la publicité en optique
Publié le 11 septembre 2026
Face au projet du ministère de la Santé d’interdire la publicité grand public pour les dispositifs d'optique et d'audition, Krys, Optic 2000 et Optical Center dénoncent…
Publicité en optique : l'AOF juge qu'une interdiction pure et simple constitue « une réponse trop simpliste »
Publié le 11 septembre 2026
Alors que les pouvoirs publics envisagent un arrêté qui interdit la publicité grand public pour les dispositifs médicaux d'optique, l'Association des Optométristes de…
Bonjour
vous a t on parlé de la prescription médicale ? il semblerait qu une ordonnance d' un médecin généraliste soit valable ? pouvez vous nous confimer ou infirmer ça ? merci
Bonjour Pierre Jean, à la différence des prothèses auditives, les assistants d'écoute sont vendus sans ordonnance. Dans la réglementation, ils sont "comparables" à des lunettes pré-montées.