Six entreprises sur dix se déclarent affectées par la crise. au travers principalement d'un carnet de commandes rétréci. Le grand public ressent la dépression avant tout par le prisme du pouvoir d'achat.
 
Commandes et règlements contractés
 
61% des chefs d'entreprise interrogés ressentent concrètement les effets de la crise sur leurs carnets de commandes. Il s'agit du principal enseignement d'un baromètre d'opinion qui sera désormais réalisé tous les trimestres par Viavoice pour l'ACFCI (Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie) et Les Echos. "Toutes les régions, tous les secteurs, toutes les tailles d'entreprises sont affectés", résume le quotidien économique.
 
92% des entreprises affectées par la crise déclarent avoir "moins de commandes" ou moins de "perspectives de commandes". Par ailleurs, "les clients négocient davantage les prix" pour 76% des entreprises, qui sont encore 45% à connaître "des difficultés à se faire payer par les clients".
 
Le resserrement du financement bancaire n'est cité que par 31% des dirigeants. "Cette difficulté est donc réelle, mais elle n'est pas considérée comme la plus prégnante", observe François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice. Les dirigeants sont plus pessimistes quant à la durée de la crise : "seuls 11% d'entre eux attendent sa fin au second semestre 2009, 52% citent 2010 et 29% une date encore plus lointaine."
 
Jugement tronqué sur le pouvoir d'achat
 
Qu'ils soient affectés ou non, 70% des Français interrogés estiment que leur pouvoir d'achat se détériore. "Quand on leur parle de crise, les Français répondent pouvoir d'achat, décrypte François Miquet-Marty. Leur diagnostic très sévère est relativement surprenant, étant donné la baisse du prix des carburants et des matières premières. Le recul spectaculaire de l'inflation devrait, à terme, corriger ce jugement, lorsqu'il se traduira concrètement dans la vie quotidienne des gens." En attendant, 53% des Français comptent «dépenser moins» dans les mois qui viennent.
 
Enfin, le baromètre révèle que plus des deux tiers des Français ont une opinion négative du capitalisme, de l'économie de marché et de la Bourse. Plus étonnant, c'est aussi le cas des dirigeants d'entreprise à un degré moindre. Une majorité d'entre eux a une opinion "assez négative" ou "très négative" de l'économie de marché et du capitalisme. "Ils sont même encore plus hostiles à la Bourse (à 85%) que le grand public !", signalent nos confrères.
 
"Cette critique franco-française du capitalisme est traditionnelle. Elle n'est pas née avec la faillite de Lehman Brothers, mais la crise l'amplifie, analyse François Miquet-Marty. La majorité des Français estime que le système actuel ne permet pas d'assurer une progression sociale au plus grand nombre."

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