Si les Français ont boudé les commerçants en fin d'année, janvier a marqué leur retour dans les magasins. Selon l'Insee, les dépenses des ménages en produits manufacturés ont progressé de 1,8% au cours du mois dernier. Ainsi, les achats de vêtements ont progressé de 4,7%, l'équipement du logement de 3% et la consommation de voitures de 2,8%. Sur un an, la consommation en produits manufacturés connaît une hausse identique, à 1,8%. Au point que certains se demandent si les médias ne "surjouent" pas la crise. Cependant, cette accalmie sur le front de la consommation ne pourrait être que passagère.

Les analystes économiques avancent plusieurs raisons à la bonne tenue de la consommation. La baisse des prix des produits manufacturés (-1,5% en janvier), après des mois de hausse, a dopé les opportunités d'achat. La décrue du prix du pétrole et la faible rémunération de l'épargne a permis ou incité les ménages à dégager un surplus de pouvoir d'achat. Face aux discours alarmistes, les Français seraient également tentés de profiter de l'instant présent.
La progression de janvier, poursuivent les analystes, est aussi liée à des facteurs temporaires. Les soldes ont bénéficié à l'habillement et la prime à la casse a tiré les ventes d'automobiles. La consommation pourrait donc enregistrer une correction en février. "L'évolution de janvier est encourageante mais il faut la replacer dans le contexte très dégradé, reconnaît l'entourage de la ministre de l'Economie. On ne s'attend pas à six mois de consommation aussi dynamique."
En effet, les économistes redoutent l'impact des destructions d'emploi sur la masse salariale et, à moyen terme, sur la consommation. Le moral des ménages, en dépit du regain de consommation, marque le pas en février : le solde d'opinion des ménages sur "l'opportunité de faire des achats importants baisse plus nettement ce mois-ci que les autres soldes", note l'Insee.

Jusqu'à présent, la résistance de la consommation tranche avec l'effondrement de la production. "En France, la crise semble plus une affaire d'entreprises que de ménages", résume Eric Dubois, Chef du département de la conjoncture à l'Insee. "La crise est, à ce stade et pour une bonne part, une crise des anticipations des entreprises", estime-t-on également au ministère de l'Economie.
Écrit par la Rédaction

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