Après le sommet de l'Otan du week-end, le quartier strasbourgeois du Port-du-Rhin offrait "un spectacle de totale désolation", selon l'expression du journal L'Alsace. "Un hôtel en ruines, une pharmacie disparue, le poste de douanes dont il ne reste que les structures métalliques. Sans oublier la station service et deux églises vandalisées."
 
Un quartier défiguré
 
"Moins de 24 heures après les faits, l'odeur caractéristique du gaz lacrymogène est toujours présente, relatent nos confrères. Rien des dégâts de la veille n'a encore été déblayé, les services de police et de sécurité les ayant seulement interdits d'accès par un périmètre de ruban plastique." Le quartier porte les stigmates des incidents.
 
"L'hôtel Ibis n'est plus qu'une ruine éventrée d'où s'échappent les dernières fumées. En face de lui, l'îlot commercial qui avait, un temps, abrité l'office du tourisme de Strasbourg, une brasserie, un tabac presse et où il ne restait qu'une pharmacie en activité, n'est plus qu'une carcasse. Tout comme l'ancien poste de douanes, 200 mètres plus haut."
 
Un sentiment d'abandon
 
Les habitants du Port-du-Rhin, minuscule quartier de cinq rues, coupé du centre ville et à la population extrêmement modeste, sont choqués et en colère. "Les forces de l'ordre sont arrivées quand tout brûlait déjà. Nous n'avons pas mérité d'être abandonnés comme ça", témoigne une habitante. Même le char Zimmer, symbole de la libération de Strasbourg en novembre 1944, a couvert de graffitis. "La visite du maire Roland Ries n'a pas suffi à mettre du baume au coeur des habitants", conclut L'Alsace.

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