Dans Les Echos, l'éditorialiste Jean-Francis Pécresse (et beau-frère de Valérie Pécresse, ancienne ministre) soutient sans ambages les mutuelles qui revendiquent le droit, comme les assurances privées et les institutions de prévoyance, de conventionner des professionnels de santé. Il estime qu'en « économie de la santé plus qu'ailleurs, la liberté ne vaut que si elle est régulée » et que « des patients mieux remboursés, ce sont aussi des clients plus nombreux ». Il déclare que « pour les lunettes comme pour les appareils dentaires, les complémentaires santé assurent l'essentiel du financement de la dépense. Il n'y a donc rien de plus normal à ce qu'elles aient le droit de réguler » ces dépenses.
 
« Les producteurs de ces soins, du lunetier à l'opticien, du prothésiste au dentiste, profitent largement, au travers de prix non contrôlés, de cette faiblesse des mutuelles, aujourd'hui gendarmes sans armes ». Euh ???? Avec leurs 30 milliards d´euros de chiffre d'affaires en 2011 (dont 17 milliards d'euros engrangées par les mutuelles) et leur puissance de lobbying auprès des pouvoirs publics, les complémentaires santé ne nous paraissent pas, à nous, si démunies que ça.
 
Encore un a priori erroné sur l'augmentation des prix en optique
 
Jean-Francis Pécresse poursuit : « Entretenue par cette forme de subvention publique qu'est le remboursement social, l'inflation des tarifs des opticiens et dentistes a fini par créer une distorsion entre deux catégories de population : celle qui, bien couverte par des contrats de groupe, peut se les offrir et celle, non couverte par la CMU, qui doit renoncer à ces soins, souvent nécessaires à défaut d'être vitaux », ajoutent-ils. Bon... Reprenons à zéro pour ceux qui, malgré tous nos efforts, ne suivent pas : comme Acuité et Bien Vu l'ont déjà expliqué, les données ultra fiables de l'Insee établissent que les prix à la consommation en optique médicale n'augmentent que très faiblement, largement en-deçà de l'inflation :
 
-  entre 2010 et 2011, les prix des lunettes ont stagné (0%), contre une augmentation de 2,1% pour les prix à la consommation
- entre 2009 et 2010, les prix de l'optique médicale n'ont augmenté que de 0,2%, contre + 1,5% pour les prix à la consommation
- de manière générale, depuis 2000, l'augmentation des prix du secteur reste toujours inférieure à celle des prix à la consommation
 
Quand aux renoncements aux soins des personnes non couvertes par la CMU, la filière optique prend justement les choses en main pour les éviter : loin des intentions purement mercantiles qu'on lui prête, elle a elle-même mis au point le programme Optique Solidaire, qui permet aux seniors dans le besoin de bénéficier d'un équipement optique de qualité avec un reste nul ou proche de zéro.
 
What else, Monsieur Pécresse ?

Vous avez la parole !

pour pouvoir poster des commentaires

Nos lecteurs ont aussi lu...


Les dernières news

Voir + de news