Les montures griffés feraient partie des produits de luxe les plus vendus, d'après les informations recueillies par les journalistes du site Capital.fr. Et pour cause, ce sont les seuls biens de cette nature à être remboursés par les mutuelles... A raison de 250-350 euros (sans les verres), pouvoir s'offrir une monture de grande marque n'est en effet pas inaccessible. Comme le constate Jean-Noël Kapferer, professeur de marketing du luxe à HEC, « les lunettes sont la porte d'entrée dans l'univers de la marque. Pour Chanel, c'est une manière de renouveler sa clientèle, en attirant notamment les jeunes, qui changent de paires régulièrement. »Bien évidemment, ce ne sont pas les Karl Lagerfeld ou Paco Rabanne qui réalisent eux-mêmes le design des lunettes vendues sous leurs griffes, mais des sous-traitants à l'instar de Luxottica pour Chanel, qui impose un cahier des charges strictes visant à encadrer scrupuleusement la fabrication des montures 100% « made in Italy ». En contrepartie, rapporte l'article, la griffe reçoit « environ 10% du chiffre d'affaires sous forme de royalties », dont le montant, non divulgué, pourrait atteindre « un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros pour l'optique Chanel. » Et pour réussir dans ce domaine, mieux vaut avoir une taille suffisante. Ainsi, être un poids lourd de la filière permet d'imposer ses choix à l'opticien qui se trouve contraint, par exemple, de faire des achats groupés ou « de prendre 170 paires d'une marque par an alors qu'il sait pertinemment qu'il n'en vendra que 100. Et les prix sont très difficiles à négocier », explique l'un d'eux à nos confrères du site économique.A contre-courant, le groupe LVMH a fait appel à un lunetier de taille humaine, au jurassien Logo, pour ses griffes Tag Heuer et Fred . Mais d'autres marques très haut de gamme préfèrent, elles, ne pas nouer d'alliance du tout, comme Cartier qui produit ses montures (avoisinant les 2 000 euros parfois) dans son usine de Sucy-en-Brie (lire notre news Cartier : le luxe Made in France s'installe à Sucy-en-Brie). Enfin pour se différencier, quelques créateurs indépendants parviennent à prendre des parts de marché aux acteurs traditionnels du luxe, avec des produits de très haute qualité, à l'image de Thierry Lasry (entre 310 et 450 euros). « Quand elles achètent des lunettes Chanel, les clientes imaginent qu'elles vont trouver la même qualité que dans une boutique de l'enseigne. Mais il y a un peu tromperie sur la marchandise, estime-t-il auprès de Capital.fr. Au final, elles s'en rendent compte, et c'est comme ça que nous faisons la différence ».

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