"Les insolents taux de croissance des ventes de luxe sur Internet pourraient avoir raison des résistances d'un secteur qui opère une mue lente mais réelle envers un canal de distribution longtemps méprisé", résume l'agence Reuters.
 
Les grandes marques de luxe ont été longtemps rétives vis-à-vis d'Internet, synonyme selon elles de commerce de masse nuisant à leur image et propice à la vente de produits contrefaits. Mais les ventes en ligne ont bien résisté à la crise et nombre d'acteurs du luxe veulent aujourd'hui combler leur retard.
 
"La crise a entraîné un mode de consommation plus discret qui a directement profité au commerce en ligne", commente Uché Okonkwo, directeur au cabinet de conseil Luxe Corp et auteur du livre "Luxury Online". "Aux Etat-Unis, c'est frappant. Les ventes en ligne ont doublé en 2009 dans le luxe, la mode et les accessoires", ajoute-t-elle.
 
La part du commerce en ligne dans les ventes mondiales de produits de luxe reste encore faible - elle est estimée à moins de 3% en 2009 - mais elle est en très forte croissance. Elle devrait atteindre 4% cette année et près de 5% en 2011, selon les estimations du cabinet Precepta.
 
Aujourd'hui, les groupes de luxe eux-mêmes voient dans le commerce en ligne la possibilité de toucher un nouveau public, plus jeune ou simplement plus éloigné de leurs boutiques en dur. "Internet est un outil devenu incontournable pour renforcer les liens avec la clientèle et toucher de nouvelles cibles" note Uché Okonkwo.
 
"On entre dans un mode de distribution à double canal où une synergie existe entre le commerce en ligne et les boutiques physiques", relève un industriel du luxe ayant souhaité garder l'anonymat. "Offrir ce double canal devient pratiquement une exigence aujourd'hui", ajoute-t-il, estimant que d'ici cinq ans, la part du e-commerce serait "significative" dans la distribution de produits de luxe.

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