"Les gros catalogues de vente par correspondance vont-ils disparaître des foyers français ?", s'interroge L'Express. La concurrence des sites de vente en ligne et l'essor des enseignes bon marché affecte durement - et durablement ? - la vente à distance traditionnelle.
 
Après la Redoute et la Camif, les 3 Suisses, autre géant du secteur, procèdent à leur tour à des réductions d'effectifs. L'enseigne a annoncé la suppression de "674 postes dans le cadre d'un plan de réorganisation visant à réaliser les deux tiers de son chiffre d'affaires sur Internet."
 
"La Redoute, c'est la marque de sa mère, de sa grand-mère. On a tous feuilleté le catalogue étant enfant donc il y a un attachement émotionnel à la marque", rappelle Pierre Chandon, professeur à l'Insead, une école de marketing. "Depuis quelques années, note L'Express, la concurrence s'est accrue, avec d'une part l'arrivée d'Internet et d'autre part l'installation, à Paris et en province, de magasins d'habillement bon marché à la pointe de la mode comme Zara, H&M ou Mango."

 
"C'est très difficile d'avoir un prix fixe pendant six mois alors que tout le monde baisse les prix et réagit autour de soi", note Pierre Chandon. "Chez Zara, ils ont des arrivages tous les 15 jours et des chaînes d'approvisionnement très courtes qui peuvent très rapidement s'adapter à la mode. Si Carla Bruni s'habille en violet, ils vont tout de suite fabriquer des robes violettes, alors qu'à La Redoute, les couleurs qui vont être à la mode se décident un an à l'avance".
 
"La VPC a perdu peu à peu toute une partie de la clientèle, ne gardant que celle qui n'avait pas accès à Internet et qui ne se déplaçait pas dans les magasins de centre-ville", explique Elisabeth Tissier-Desbordes, docteur en gestion et professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Paris.
 
"Quel avenir pour ces enseignes ?, s'interroge L'Express. La Redoute et les 3 Suisses misent sur internet, qui représente aujourd'hui moins de la moitié de leur chiffre d'affaires." Pour Pierre Chandon, leur bonne image pourra les aider. Etre une marque historique peut aussi être un handicap, prévient toutefois Elisabeth Tissier-Desbordes. "Malgré leurs efforts, leur image est vieillissante. Un jeune n'a pas forcément envie de se retrouver dans les mêmes pages que sa grand-mère", dit-elle.

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