La démobilisation constatée lors des dernières échéances électorales se vérifie au niveau syndical. Le congrès organisé ces deux derniers jours par l'Union des Opticiens dans les Salons de l'Aveyron à Paris Bercy, n'a drainé qu'une petite centaine de participants.
La déception due à cette désaffection a été vite temporisée par la teneur et la qualité des interventions et débats.

Sous l'intitulé "Opticien, une profession plurielle", ce congrès a été l'occasion de dresser un constat économique de la profession telle qu'elle se présente aujourd'hui, d'évoquer les directions vers lesquelles elle s'oriente, les évolutions de sa formation, les incidences et conséquences de l'environnement et des professions périphériques, les rendez-vous pris ou à prendre.

Appel au lobbying
Baudouin Monnoyeur, président du Conseil du Commerce de France et vice-président du MEDEF assurait en clôture du congrès : "Le commerce de détail, de proximité est en train de se placer au centre de l'économie. Avec 3 millions d'emplois, 600 000 entreprises, nous sommes un géant économique mais encore un nain politique. Restons groupés". Confiant, il a déjà pris date avec le nouveau gouvernement afin de proposer aux ministres adéquats un plan à cinq ans pour revoir le cadre du commerce.


De son côté et à plusieurs reprises, Henry-Pierre Saulnier, président de l'UDO, s'adressant aux distributeurs comme aux fabricants, , incitait "toute la filière à mener le combat pour la liberté des prix et des produits". Pour réagir, notamment, aux conventions à minima proposées par certains assureurs complémentaires Santé.
Agir en rangs serrés, tel était le message, à la fois économique et politique passé durant ces deux jours à une assistance réceptive (opticiens, fabricants, représentants des enseignes et des groupements, des écoles…).

"Tous les opticiens optométristes doivent se reconnaître autour d'une même profession".
Alain Bach, directeur de l'UDO qui suit le dossier de la profession auprès du Ministère de la Santé a rapporté sa dernière entrevue avec le chargé de mission : "la tendance est de conforter les professions existantes, sans émergence d'une profession intermédiaire". Par ailleurs, le schéma de santé publique s'orienterait vers trois passages nécessaires à 30 mois, 45 ans, 65 ans chez l'ophtalmologiste. Le suivi pourrait être effectué directement par l'opticien. A quelles conditions ? La question reste entière.


Côté assurances complémentaires santé, dans une logique de coût maîtrisé, les réseaux s'organisent. "Que nos compétences ne soient pas réduites par le tout économique et un tarif opposable" devait insister le président Saulnier.
Dans une prochaine rencontre avec Denis Kessler, président de la Fédération Française des Sociétés d'Assurances, les responsables de l'UDO mettront en avant les conséquences économiques de certaines conventions "véritable mainmise sur la profession".

Avec 116 000 procédures en 2001 comme l'a précisé Patrick Janas, directeur de Bien Vu, la chirurgie réfractive ne se développe que très modérément en France. Et selon le Pr Yves Bokobza, ce sont cinq millions de patients européens qui auraient recours à cette technique dans les trois ans dont 3% d'amétropes français.

Ce congrès, placé sous le parrainage du Ministre de la Santé était organisé avec le soutien de plusieurs sociétés : American Optical, Bausch & Lomb, BBGR, Essilor, le Gifo, Johnson&Johnson Vision Care, France Optique, Rodenstock, le Sidol, Zeiss.
Écrit par la Rédaction

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