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La vague de défaillances d'entreprises ne reflue toujours pas.

Au deuxième trimestre 2026, 17 486 procédures collectives ont été ouvertes en France, soit une hausse de 5,4 % sur un an. Si le rythme de progression ralentit, le niveau reste historiquement élevé, près de 40 % au-dessus de celui d'avant la crise sanitaire.

Dans ce contexte, le secteur de l'optique fait preuve d'une certaine résilience sans être totalement sorti d'affaire.

Entre avril et juin, 36 magasins d'optique ont fait défaut, contre 34 un an plus tôt. Une hausse limitée de 5,9 %, bien loin des progressions à deux chiffres enregistrées dans certains secteurs, mais qui confirme que les indépendants restent exposés dans un environnement économique qui laisse peu de marge d'erreur.

Deux défaillances sur trois se terminent en liquidation

Comme au deuxième trimestre 2025, 24 magasins ont été directement placés en liquidation judiciaire. Les redressements judiciaires, en revanche, progressent sensiblement de 7 à 12 dossiers. Aucune procédure de sauvegarde n'a été ouverte, contre 3 l'an dernier.

Deux opticiens sur trois arrivent devant le tribunal avec une situation financière trop dégradée pour permettre la poursuite de leur activité. L'augmentation des redressements constitue toutefois un signal un peu plus encourageant. Davantage de dirigeants semblent engager une procédure avant que leur situation ne soit devenue irréversible.

Un secteur qui fait mieux que le commerce de détail

Le paradoxe est là. Alors que le nombre de défaillances de magasins d'optique progresse légèrement, Altares classe pourtant l'optique parmi les activités commerciales les plus résilientes du trimestre.

Dans son analyse sectorielle, le cabinet observe un recul de 5,3 % des défaillances dans les commerces liés au soin de la personne et à l'optique. Plus précisément, les magasins d'optique enregistrent une baisse de 6 %, aux côtés des pharmacies (-16 %) et des parfumeries (-7 %).

Une performance qui contraste avec les difficultés rencontrées par d'autres segments du commerce de détail, comme les magasins de sport (+16 %), les librairies (+58 %) ou encore certains commerces alimentaires.

Une vigilance qui reste de mise

Pour les opticiens, le deuxième trimestre 2026 ne marque donc ni une aggravation brutale, ni un véritable retour à la normale. La hausse des défaillances reste contenue et proche de la moyenne nationale, mais le nombre toujours élevé de liquidations judiciaires rappelle que les entreprises les plus fragiles peinent encore à redresser leur situation.

Dans un marché où les arbitrages de consommation demeurent prudents et où les charges continuent de peser sur les exploitations, la capacité à préserver la trésorerie restera l'un des principaux enjeux de la fin d'année.

Les petites entreprises restent les plus vulnérables

L'étude d'Altares rappelle surtout que la fragilité concerne avant tout les TPE. Les structures de moins de trois salariés concentrent désormais trois quarts des procédures, tandis que les entreprises de moins de trois ans voient leurs défaillances progresser de 12,7 % sur un an.

Hausse des charges, consommation toujours prudente, pression sur les marges... autant de facteurs qui continuent de fragiliser les exploitations les plus modestes.

Pas de décrue en vue

Pour Thierry Millon, directeur des études d'Altares, le problème n'est d'ailleurs plus celui des dispositifs hérités de la crise sanitaire. Les PGE sont désormais quasiment soldés et les procédures liées aux créances sociales pèsent beaucoup moins qu'auparavant.

La difficulté est ailleurs. Une croissance économique atone, une demande intérieure qui peine à repartir et des coûts d'exploitation qui restent élevés. Dans ce contexte, Altares estime probable l'ouverture de 34 000 à 35 000 nouvelles procédures collectives au second semestre 2026.

Écrit par la Rédaction

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