La réflexion sur le rôle respectif de l’Assurance maladie obligatoire et des complémentaires santé s'intensifie au Palais Bourbon. Quelques jours seulement après la publication de la contribution signée par Élisabeth Hubert, la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale rend ses propres conclusions. 

Ce nouveau travail parlementaire, signé par Thibault Bazin, Thierry Frappé et Jérôme Guedj, propose une analyse comparative de plusieurs pistes de réformes structurelles, sans pour autant trancher en faveur de l’une d’entre elles. Les auteurs mettent ainsi en parallèle deux visions antagonistes du modèle de prise en charge, qui impactent directement la filière visuelle.

Ce document adopte une posture d’analyste neutre qui tranche avec les propositions de transferts ciblés portées par l'ancien rapport ministériel. Les trois députés reviennent notamment sur le bilan du 100 % santé, jugé insatisfaisant en optique contrairement aux secteurs dentaire et auditif. L'équilibre financier initialement promis aux organismes complémentaires n'a pas été concrétisé par les économies escomptées sur les lunettes, ce qui illustre les incertitudes actuelles autour des frontières du panier de soins.

La première hypothèse envisagée repose sur un renforcement inédit de la Sécurité sociale, apparenté au concept de grande Sécu, qui supprimerait le ticket modérateur. Dans ce cadre, la collectivité prendrait en charge l'intégralité d'un panier d’équipements essentiels réévalué au fil des innovations, pour un coût additionnel de 500 millions d'euros partagé avec l'audioprothèse. Les mutuelles et assurances verraient alors leur rôle cantonné aux prestations de surcomplémentaire hors panier public, essuyant une perte d'activité estimée à 70 % de leur chiffre d'affaires.

À l'opposé, les rapporteurs étudient un scénario de décroisement total où l'Assurance maladie se recentrerait exclusivement sur les soins ambulatoires et l'hôpital. L'optique sortirait alors du périmètre de la Sécurité sociale pour basculer intégralement sous le financement privé des complémentaires. Ce déremboursement public accorderait une prépondérance inédite aux organismes assurantiels et aux réseaux de soins, au risque de restreindre la liberté de choix des assurés tout comme l'autonomie d'exercice des opticiens. Même si ces analyses conservent un rôle indicatif, elles confirment que la place de la santé visuelle continue de constituer un axe majeur des débats sur le futur système de soins.

Écrit par la Rédaction

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